Les propos racistes d'une internaute sud-africaine relancent le débat

Des Sud-Africains profitent de la plage, à Durban, le 1er janvier 2016.
© REUTERS/Rogan Ward

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l'ANC, a porté plainte contre une femme à l'origine de propos racistes sur les réseaux sociaux. Depuis dimanche, cette affaire a provoqué un tollé dans le pays et relancé le débat sur les divisions raciales, 21 ans après la fin de l'apartheid.

L'Afrique du Sud ne décolère pas après les propos racistes postés sur les réseaux sociaux. Notamment ceux d'une agente immobilière qui dans un message posté sur internet se plaignait des déchets qui jonchent les plages après les célébrations du Nouvel An. Elle comparait les Noirs à des singes sans éducation qui envahissent les plages publiques. L'incident survenu dimanche dernier a relancé le sujet sensible des tensions raciales. L'internaute en question a été suspendue par son employeur, mais la colère ne retombe pas.

Pour Shaka Sisulu, activiste, le racisme perdure, même s'il est plus discret. « Les gens se rendent compte qu'il y a eu peu de changement. Les Blancs parlent toujours de la "nation arc-en-ciel", mais je ne les vois pas se lever et faire le travail nécessaire pour que cette "nation arc-en-ciel" puisse réellement exister, regrette-t-elle. Il est temps de commencer à utiliser ces instruments que nous avons soi-disant mis en place pour protéger la dignité des gens. »

Des sanctions plus lourdes

Les appels se multiplient pour que ce genre de propos soit sanctionné. L'ANC et le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique ont tous deux porté plainte pour outrage.

Mais pour Moloto Mothapo, porte-parole du parti au pouvoir au Parlement, il faut des lois plus strictes. « Nous avons besoin d'une législation qui criminalise ce genre de propos, comme par exemple en Allemagne où si vous niez l'existence de l'holocauste vous pouvez être poursuivi et condamné à de la prison », argue-t-il.

La Constitution sud-africaine sanctionne les discours haineux. Mais par souci de réconciliation, peu de poursuites pénales ont jusqu'à présent été engagées. La commission sud-africaine des droits de l'homme a ouvert une enquête sur cet incident.

Selon un sondage publié le mois dernier par l'Institut pour la justice et la réconciliation, une grande majorité de Sud-Africains estime que les relations raciales sont restées les mêmes ou se sont détériorées depuis la fin de l'apartheid.