L'association tunisienne Shams réduite au silence

Membres de l'association tunisienne Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité avec son vice-président, Ahmed ben Amor, le 3 octobre 2015.
© AFP PHOTO / FETHI BELAID

Shams, principale association de défense des droits des homosexuels en Tunisie, est suspendue pour un mois par les autorités. Le groupe, connu pour ses campagnes pour la dépénalisation de l'homosexualité parle d'une décision politique. Depuis des mois, en Tunisie, les condamnations d'homosexuels se multiplient et les attaques aussi contre une communauté qui s'affirme de plus en plus.

C'est dans un contexte très tendu que l'association Shams se voit priée de suspendre ses activités suite à une requête du chargé du contentieux de l’Etat. Pas plus tard que le mois dernier, six étudiants de Kairouan en Tunisie ont été condamnés à trois ans de prison ferme pour pratiques homosexuelles. Le Code pénal tunisien par un article de 1913 condamne cette pratique sexuelle.

C'est pour l'abolition de cet article que Shams milite depuis sa création en mai 2015. La Constitution de 2014, jugée à bien des égards libérale, consacre la liberté de la vie privée. On ignore donc les raisons invoquées par les autorités, en l'occurrence le service du contentieux de l'Etat, pour suspendre l'association.

Le vice-président de Shams parle d'une décision qui montre une « volonté politique » alors que précise-t-il, l'association exerce ses activités dans le respect de la loi. Plusieurs acteurs de la vie publique tunisienne comme le mufti de la République entre autres ont appelé à retirer le visa de Shams parce qu'elle « porte atteinte aux valeurs de l'islam ». Shams veut s'y opposer, mais comment ?