Accusations d'abus sexuels: la Minusca va prendre des mesures

Parfait Onanga-Anyanga, chef de la Minusca, a réaffirmé sa fermeté à l'égard des casques bleus impliqués dans des scandales d'abus sexuels.
© UN Photo/Loey Felipe

L'ONU a annoncé mardi avoir ouvert une enquête sur de nouvelles accusations d'abus sexuels portées contre ses casques bleus en Centrafrique. Les victimes présumées sont quatre fillettes soumises à des « abus sexuels et une exploitation sexuelle » à Bangui par des soldats de trois pays participants à la Mission de l'ONU en RCA (Minusca). Selon l'AFP qui cite des sources aux Nations unies, il s'agit de soldats du Maroc, du Gabon et d'Egypte. Les victimes ont été interrogées à Bangui par des enquêteurs du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Les autorités centrafricaines ont été informées de ces nouvelles accusations d'abus sexuels portées contre des casques bleus, ainsi que les pays contributeurs de troupes concernés afin que ceux-ci enquêtent et prennent éventuellement des sanctions contre leurs ressortissants. Ces nouvelles accusations portent à 26 le nombre de cas d'abus sexuels impliquant la Minusca.

Le chef de la Minusca, le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, explique que des mesures vont être prises, notamment la création d'une unité de police et de l'armée. « Désormais nous mettrons en place une unité de police et de l'armée dont la responsabilité première sera de mener des enquêtes pour nous assurer du comportement de nos propres troupes, explique-t-il. Nous voulons connaître les allées et venues de nos troupes. C'est inacceptable que des forces onusiennes soient impliquées dans ces crimes qui grandissent la misère d'une population qui est déplacée. »

« Détermination sans faille »

Les quatre victimes présumées sont des mineures qui vivaient dans un camp de déplacés de Bangui. « Notre détermination est sans faille et nous ferons tout pour aller au bout de cette affaire, pour déterminer les responsables et mettre en demeure les contingents et les pays dont les troupes seront responsables de ces forfaits », assure Parfait Onanga-Anyanga.

Il parle aussi de la difficulté d'avoir des troupes toutes aux « standards onusiens ».

Déployer des forces dans des pays qui sont en crise contraint parfois les Nations unies à hériter de troupes dont la qualité, la compétence et la rigueur du point de vue des standards onusiens laissent à désirer.
Parfait Onanga-Anyanga
07-01-2016 - Par Jean-Jacques Louarn