RDC: nouveau massacre de civils dans le Nord-Kivu

Un soldat des Forces armées de la RDC en tournée d’inspection et de sécurisation, le 6 janvier 2015 au Nord-Kivu. .
© Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

Le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, a connu une nuit de violence. Au moins 14 personnes ont été tuées à Miriki, au sein de la communauté nande. Les autorités locales et l'armée pointent du doigt les FDLR, les rebelles hutus rwandais.

C'est vers deux heures du matin, que des assaillants armés de machette auraient fait incursion à Miriki. D'après les autorités et l'armée, c'est la milice hutu rwandaise des FDLR, active dans la zone, qui a mené l'attaque. Le groupe armé aurait réussi à contourner la position des FARDC, les forces armées du pays.

Ils s'en seraient d'abord pris au chef du village qui rapporte que les assaillants sont entrés dans son domicile et ont tués ses deux femmes et sa fille. L'attaque s'est poursuivie dans le reste du village. Selon des témoins, 14 personnes ont été tuées dans leur maison. Neuf blessés ont été transportés à l'hôpital et l'un d'eux aurait succombé à ses blessures, d'après l'administrateur du territoire.

Une commission d’enquête de l’ONU

Des autorités locales, comme les ONG, accusent une nouvelles fois l'armée et les casques bleus présents dans la zone de passivité face aux groupes armés. De son côté, la Monusco affirme que des renforts ont été envoyés dès que l'information a été connue. « Les auteurs de l'attaque seront recherchés et punis », indique le porte-parole de la Mission des Nations unies qui ajoute qu'une mission d'enquête sera envoyée pour mesurer l'ampleur des dommages commis dans la zone.

Selon une ONG locale, l'attaque aurait également une dimension communautaire. « Toutes les victimes sont de la même ethnie nande », rapporte le président de l'ONG Société civile de Lubero. Dans cette zone, les chefs nandes s'opposeraient depuis plusieurs mois au retour de déplacés hutu congolais. Ils les accusent d'être de connivence avec les FDLR, explique le porte-parole de l'armée, qui ajoute que des renforts viennent d'être envoyés pour sécuriser la localité.