RDC: tension avant la rentrée scolaire au Sud-Kivu

Classe de lycée à Kilembwe, territoire de Fizi dans le Sud-Kivu, RDC.
© (Photo: Patient Alesire)

La rentrée scolaire du 11 janvier s’annonce tendue au Sud-Kivu. Les associations de parents d’élèves ont décidé d’appeler les parents à ne plus payer la prime due aux enseignants. Un système qui doit permettre aux enseignants qui ne sont pas payés par l’Etat d’être rémunérés. Mais pour les parents du Sud-Kivu, l’une des principales provinces minières du pays, il est temps que l’Etat prenne ses responsabilités.

Ne plus payer la prime au risque de provoquer une grève. C’est ce qu’ont décidé les associations de parents d’élèves. Et cela fait deux ans qu’elles alertent les pouvoirs publics, comme le souligne Christian Baroungou, le secrétaire provincial de l’Association des parents d’élèves catholiques (Apec-Sud-Kivu) : « Nous disons, si les enseignants sèchent les cours, ils doivent s’adresser à leurs patrons qui est l’Etat et le gouvernement qui les ont engagés. Ce n’est pas le parent qui engage. Le parent fait tout ce qu’il peut faire : il paye l’uniforme, il nourrit l’enfant, il lui donne les fournitures scolaires. Il faut alors que l’Etat puisse arriver à prendre sa charge en payant. Il y a de l’argent dans ce pays. Mais c’est seulement la volonté politique qui n’aboutit pas ».

Roger Matabaro est le secrétaire provincial du Syndicat des enseignants du Congo (Syeco/Sud-Kivu). Il semble prendre cette décision des parents avec philosophie : « Nous ne pouvons pas être hostiles à l’endroit des parents puisque d’ailleurs, ils nous ont beaucoup supportés et nous ne pourrions que les remercier pour les sacrifices qu’ils ont consentis durant 23 ans. C’est l’Etat qui, en réalité, devrait nous prendre en charge, tous sans exception. »

Les associations des parents du Sud-Kivu espèrent que d’autres provinces emboîteront le pas pour qu’enfin, disent-elles, « l’Etat fasse de l’éducation une priorité ».