Togo: nombreuses manifestations pour l'accès au port de Lomé

Une vue de Lomé, la capitale du Togo.
© wadr.org

Les transitaires non agréés du port autonome de Lomé n’auront plus accès aux bureaux des douanes sans badges. Plusieurs fois reporté, le port du badge de l’Office Togolais des Recettes (OTR) est entré en vigueur depuis le 1er janvier pour les commissionnaires de douane qui travaillent au port autonome de Lomé. Une décision qui ne plait pas du tout aux transitaires non agréés, qui manifestent depuis lundi. Jeudi, la gendarmerie est venue les disperser à coup de gaz lacrymogènes.

Jeudi matin, comme depuis lundi, les transitaires non agréés ont une fois de plus manifesté. Et pourquoi ? La réponse est la même pour tous ces hommes qui pensent qu’on veut leur arracher leur pain quotidien. « Le problème est que l'OTR nous impose le badge pour avoir accès au bureau des douanes », déclare l'un d'entre eux.

Un cordon de gendarmes les disperse alors que le groupe qui devenait de plus en plus épais sifflait, chantait et dansait. Pour ces manifestants, un seul mot d’ordre, le badge pour tous. « L'OTR, nous sommes d'accord. Le badge nous sommes d'accord. Mais il ne faut pas limiter l'accès au badge. Tout le monde doit avoir accès au badge ! », s'exclame un manifestant.

Assainir les régies financières

La création de l’Office Togolais des Recettes (OTR) en 2014 envisageait d’assainir tous les secteurs des régies financières et connexes. Il n’est donc plus question que des personnes physiques déclarent des marchandises, s’ils ne sont pas propriétaires. Les transitaires non agréés sont directement frappés par cette décision et ils le font savoir. « Normalement on doit délivrer les badges à tous ceux qui interviennent dans la profession. Ces badges sont limités, ce n'est pas normal. », s'indigne l'un d'entre eux.

Un combat engagé

Le badge de l’Office Togolais des Recettes identifie ceux qui entrent dans les bureaux de douane, sécurise et filtre tous les prestataires selon le commissaire des douanes et droits indirects, Kodjo Adédzé. « Aujourd'hui le dédouanement se fait en ligne. Depuis vos installations, vous entrez dans le système. Vous saisissez votre déclaration et vous l'envoyez. Ne peuvent entrer dans ce système que les agréés », explique-t-il.

Le bras de fer est engagé, surtout que les perturbations s’amplifient, mais le commissaire indique que les discussions vont se poursuivre, la douane du port participant à près de 80% de recette pour l’assiette nationale.