Crise burundaise: l'Ouganda répond aux critiques sur sa médiation

Le ministre de la Défense ougandais, Crispus Kiyonga.
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Le ministre de la Défense ougandais Crispus Kiyonga a tenu une conférence de presse vendredi après s'être rendu à Arusha le 6 janvier. L'Ouganda est le médiateur dans la crise qui touche le Burundi depuis le mois de juillet dernier. Mais beaucoup critiquent son action, soulignant des lenteurs et un manque d'investissement notamment. Le médiateur n'a pas annoncé de date pour un nouveau rendez-vous à Arusha, mais assure que les consultations vont s'intensifier.

Le ministre de la Défense Crispus Kiyonga est revenu sur le rôle de l’Ouganda, répondant aux multiples critiques qui dénoncent la lenteur de la médiation. « Ce n'est pas à nous, ce n'est pas à l'Ouganda, ce n'est pas au président Museveni, ce n'est pas à la communauté de l'Afrique de l'Est ou encore à l'Union africaine d'imposer une solution au peuple burundais, a-t-il rappelé. Nous sommes le facilitateur. Nous ne sommes pas là pour imposer. Nous pouvons pousser, encourager, persuader, mais au final la décision revient aux parties prenantes. »

Le principal défi est bien de réunir les différentes parties autour de la table. « Le conseil du médiateur est de laisser tout le monde venir autour de la table, personnes armées ou non, criminels ou non, explique-t-il. Tous ceux qui ont quelque chose à voir avec le conflit au Burundi, laissez-les parler. S'ils ont perpétré des crimes, venir à la table des discussions ne signifie pas que leurs crimes ont été oubliés. »

Sur l’intervention de l’Union africaine, il n’est pas question, affirme-t-il, de précipiter les choses. « L'Union africaine a suggéré qu'une force panafricaine devrait être envoyée au Burundi pour l'aider, car des gens meurent. Mais il y a une procédure sur la façon dont l'Union africaine peut envoyer des troupes ou des militants des droits de l'homme. Il y a une procédure qui doit être suivie », souligne-t-il.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la campagne électorale ougandaise n’a aucun impact sur la médiation. Il a même annulé un déplacement à Kasese pour se rendre à Arusha cette semaine, a-t-il souligné.