Libye: le groupe EI revendique l'attentat-suicide de Zliten

Les dégâts après l'attentat-suicide contre le centre de formation de Zliten, le 7 janvier 2016.
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Le groupe Etat islamique a revendiqué vendredi soir l'attentat-suicide commis jeudi contre un centre de formation des gardes-côtes à Zliten, à l'est de Tripoli, la capitale. Cette attaque au camion piégé avait fait au moins 65 morts. Le groupe avait déjà revendiqué jeudi un autre attentat-suicide contre la garde des installations pétrolières à Ras Lanouf dans l'est libyen. Dans son communiqué, l’organisation EI menace de nouvelles attaques en Libye.

C’est avec un retard inhabituel que l'organisation Etat islamique annonce sa responsabilité dans l'attentat le plus meurtrier qu'ait connu la Libye post-Kadhafi. Dans son communiqué, le groupe évoque d'ailleurs un nombre de morts et de blessés beaucoup plus élevés que ce qui est annoncé par les hôpitaux.

Comme d'habitude, l'organisation EI loue l'action du kamikaze, un certain Abdallah al Mouhajer, qui était au volant vendredi du camion-citerne lancé à vive allure contre le centre de formation des gardes-côtes de Zliten.

Attaques en série

L'organisation lie cette dernière attaque-suicide aux autres actions revendiquées en début de semaine contre les installations pétrolières à l'est de Syrte. Une série d'attaques baptisée « Abu al-Mughirah al-Qahtani », du nom du chef de la branche libyenne du groupe EI tué il y a deux mois dans l'est libyen.

Ces attaques coordonnées visaient lundi et mardi la garde des installations pétrolières. Elles avaient abouti aussi à la prise de la ville de Ben Jawad, verrou stratégique vers le croissant pétrolier libyen, objectif proclamé du groupe EI en Libye.

Des cibles bien choisies

Cette revendication de l'attentat de Zliten donne un nouvel éclairage à la journée sanglante de jeudi. En une journée, l'organisation terroriste a prouvé qu'elle était capable de s'en prendre en même temps aux deux autorités rivales qui se disputent le pays : Ras Lanouf pour le pouvoir de Tobrouk et Zliten pour le gouvernement de Tripoli.

A Zliten, la cible n'a pas été choisie au hasard. C'est un bâtiment des forces de l'ordre, censées assurer la stabilité dans le pays, qui a été visé : une école de formation des gardes-côtes. D'autant qu'ils ont la tâche sensible de surveiller les frontières maritimes par où passent les migrants pour se rendre en Europe, mais également les armes à destinations du port de Syrte, fief de Daech.

A Ras Lanouf, c'est l'un des principaux terminaux pétroliers qui était ciblé. Or, l'or noir constitue la seule richesse du pays. Après son échec de s'emparer en début de semaine de ces infrastructures, le groupe Etat islamique cherche à les détruire pour empêcher le gouvernement d'union nationale de compter dessus. Ce dernier doit entrer en fonction à la fin du mois selon le plan des Nations unies du 17 décembre.