Le M23 dément les accusations de liens avec les infiltrés burundais

Un soldat du M23 au poste-frontière dit de la 'Grande barrière', à la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, le 20 novembre 2012. (Photo d'illustration).
© AFP PHOTO/PHIL MOORE

Les ex-combattants du M23 assurent qu'ils n'ont rien à voir de près ou de loin avec les présumés rebelles burundais qui se seraient infiltrés sur le sol congolais. Les services de renseignement congolais disent avoir intercepté 36 de ces nouveaux rebelles. Et c'est sur la base des informations recueillies auprès de ces prisonniers, qu'ils disent avoir établi des liens avec le M23.

Il y a d'abord ces cartes d'électeurs congolaises retrouvées sur plusieurs de ces présumés infiltrés. Des cartes qui selon les services congolais avaient été volées par le M23 au Nord-Kivu, puis transportées jusqu'au Rwanda... où elles auraient été distribuées. Faux répond, Elie Mutela, directeur de cabinet de la présidence du M23. « Le M23 n’a jamais volé les cartes d’électeurs. Le M23 a été créé une année après les élections. Comment est-ce que le M23 pouvait détenir des cartes une année après les élections. Est-ce que le M23 avait des machines ? C’est pratiquement de la fausseté. »

Mais ce n'est pas tout. Parmi les Burundais infiltrés et arrêtés en septembre dernier, trois appartenaient directement au M23, toujours selon les services congolais. Et notamment le capitaine Rugamba Adalbert, qui aurait travaillé par le passé au sein de l'armée congolaise avec Sultani Makenga, devenu par la suite le chef d'état-major du M23. Mais pour Elie Mutela, cela ne prouve rien : « Le capitaine dont on parle n’est pas connu dans le M23. S’il fut un militaire FARDC, est-ce que c’est pour autant que tout collègue du général Makenga devient membre du M23 ? C’est une fausse logique. »

Pour le M23, les accusations de Kinshasa n'ont qu'un seul objectif : « faire diversion » pour « détourner le peuple congolais des vrais problèmes ». Et notamment des tensions liées au processus électoral.