Niger: la sœur de Vincent Delory réclame toujours une enquête

Des amis d'Antoine de Léocour et Vincent Delory portent une banderole aux portraits des deux otages décédés, durant la marche en leur mémoire, à Linselles, le 16 janvier 2011.
© Reuters / Pascal Rossignol

La sœur de Vincent Delory déplore le silence de la France, cinq années après le décès de son frère, tué le 8 janvier 2011 dans un raid français contre des jihadistes. La veille au soir, lui et Antoine de Léocour, un autre Français, avaient été enlevés en plein Niamey par des terroristes d'Aqmi. Paris avait alors décidé d'intervenir. Bilan : Antoine de Léocour est abattu par les preneurs d'otages. Quant à Vincent Delory, il meurt brûlé vif dans un des véhicules interceptés par les forces spéciales françaises. Depuis, aucune enquête n'a été menée sur les circonstances exactes du décès.

Ce que l’on demande depuis cinq ans et ce qu’on nous a promis il y a cinq ans, c’est une reconnaissance de ce qui s’est passé, c’est que l’Etat assume qu’ils les ont sacrifiés. Reconnaître que pour eux, ils n’ont pas voulu négocier et qu’ils ont préféré employer la manière forte en sachant qu’ils allaient les sacrifier. Et à ce titre-là, qu’ils les honorent comme des victimes à part entière, et pas comme quelqu’un qui dérange et qu’on peut oublier. Parce que l’Etat sait qu’il a une responsabilité dans notre douleur et qu’il ne la reconnaît pas.
Annabelle Delory
08-01-2016 - Par Florence Morice