Ouganda: l’opposant Amama Mbabazi dénonce un climat de violences

Vue sur Kampala, la capitale ougandaise.
© (CC)/Wikipedia/Omoo

En Ouganda, l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, Amama Mbabazi, accuse le gouvernement d'intimidations et de persécutions à l'encontre de son parti, l'Alliance démocratique ougandaise. C'est l'objet d'une déclaration à la presse qu'il a faite, le jeudi 7 janvier, démentie par la police du pays. Plusieurs autres candidats d’opposition à la présidentielle ont, quant à eux, exprimé samedi 9 janvier leurs craintes de violences avant le scrutin du 18 février.

Sept candidats vont tenter de mettre fin au règne du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, dont l’opposant historique Kizza Besigye, dirigeant du Forum pour un changement démocratique, (FDC) et l’ex-Premier ministre Amama Mbabazi, de l’Alliance démocratique ougandaise.

Cette semaine, le Premier ministre Ruhakana Rugunda a affirmé que « des petits groupes d’opposition radicale évoquent et planifient des actions violentes pendant et après les élections », avant d’ajouter que ces mêmes groupes « se préparent à inciter à la provocation et aux confrontations violentes, depuis le jour du scrutin jusqu’à la cérémonie d’investiture » s’ils perdent les élections.

Les dirigeants d’opposition ont rejeté ces affirmations, accusant à leur tour les forces de sécurité de soutenir le parti au pouvoir, le Mouvement de résistance nationale (NRM), et de s’en prendre aux rivaux du président Museveni.

Amama Mbabazi, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, a dénoncé dans un communiqué les violences répétées à l'encontre de ses partisans. Joint par RFI, il pointe du doigt les actions menées durant le mois de décembre contre ses partisans qui iraient de l'agression physique à la torture et à l'assassinat.

« J'ai été victime de persécutions de la part du gouvernement depuis le début de la campagne. Mais maintenant que la campagne touche à sa fin, ces persécutions se sont intensifiées. Ils ont arrêté nos militants, ils en ont tué d'autres. Le mois dernier, je tenais un meeting dans le district natal du président. Certains de ses militants qui portaient des T-shirts à son effigie, ont attaqué mes sympathisants et ont essayé de les empêcher d'assister à mon meeting. Mes sympathisants se sont défendus et le président lui-même a alors donné l'ordre pour qu'ils soient arrêtés. Ils ont été arrêtés une semaine avant Noël, et ils sont toujours en détention. Nous prêchons la paix, nous voulons une transition pacifique, et lui, comme ses militants, devraient arrêter ce genre d'actions provocatrices », a-t-il déclaré.

Pour Amama Mbabazi, l'intensification de ce harcèlement est liée à l'approche de l'élection présidentielle.

Le porte-parole de la police, Fred Enanga, a réagi en estimant fausses les accusations lancées par l’opposant Amama Mbabazi. Elles visent, selon lui, à « répandre un sentiment d’anxiété non nécessaire » dans la population.