Madagascar: large victoire du parti du président Rajaonarimampianina

Le président Hery Rajaonarimampianina, à Antanarivo, le 21 mars 2014.
© JACQUES DEMARTHON / AFP

A Madagascar, c’est maintenant à la Haute cour constitutionnelle d’étudier les requêtes concernant les élections sénatoriales du 29 décembre. Les résultats provisoires publiés samedi par la Commission électorale donnent le parti présidentiel (le HVM) largement gagnant avec 65% des voix. Mais ces résultats sont contestés. Les résultats des sénatoriales, même s’ils sont encore provisoires, marquent donc l’implantation politique fulgurante du parti présidentiel, qui n’existait pas il y a encore deux ans. Au mois de juillet, le parti présidentiel était déjà sorti grand vainqueur des élections communales.

En moins de deux ans d’existence, le HVM est devenu le parti dominant du paysage politique en remportant plus de la moitié des voix lors des deux élections : les communales en juillet 2015, puis logiquement les dernières sénatoriales de décembre, où les nouveaux maires et conseillers communaux constituaient les grands électeurs.

Ces sénatoriales permettent donc au président de renforcer son assise politique après un début de mandat menacé par l’instabilité - la tentative de déchéance du président et du gouvernement menée par les députés en a été le point d’orgue il y a sept mois.

Des victoires et une stabilité retrouvée, mais « une stabilité superficielle », analyse Faraniaina Ramarosoana, membre de la société civile. Elle note que les « élections locales voient toujours la victoire du pouvoir en place ». 

Et le vent tourne vite. Les partis gouvernementaux précédents, le Mapar et le Tim n’ont remporté cette fois que 6 et 10% des suffrages. Reste que, pour l’actuel président, c’est une démonstration de force. La majorité écrasanté qui se profile au Sénat ne peut que renforcer la suite de son mandat. 

Ces élections à suffrage universel indirect vont mener à la mise en place d’un Sénat. Deux tiers des membres de la Chambre haute sont élus et un tiers seront nommés par le président de la République. Le pays n’avait plus de Sénat élu depuis le coup d’Etat de 2009.