Niger: une manifestation de l’opposition interdite

Hassoumi Massaoudou, ministre nigérien de l'Intérieur, à Niamey, le 14 mai 2015.
© AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

Au Niger, la marche de l’opposition prévue, ce dimanche 10 janvier, a été interdite, samedi, par les autorités. Immédiatement après cette annonce, les avocats de l’opposition ont saisi la justice en référé, pour faire annuler cette décision mais le juge leur aurait signifié qu’il ne pouvait pas traiter l’affaire un samedi soir. L’opposition a donc suspendu sa marche en attendant la décision de justice. L’opposition s’était donné rendez-vous dans la rue pour manifester contre l’arrestation de plusieurs de ses militants dans le cadre de l’enquête sur le coup d'Etat que les autorités disent avoir déjoué.

L’opposition comptait manifester pour demander la libération de ses militants arrêtés dans l’affaire du coup d’Etat déjoué et révélé par les autorités le 17 décembre, mais aussi pour dénoncer le non-accès de l’opposition aux médias publics, pour dire ses craintes d’instrumentalisation de la CENI et demander une révision de la composition de la Cour constitutionnelle.

Pour les autorités, il n’est pas question d’accepter une telle manifestation dans le contexte actuel. C’est ce qu’explique Hassoumi Massaoudou, ministre de l’Intérieur, joint par RFI.

« Cette manifestation ne peut être autorisée pour des raisons simples. D’abord, parce que nous sommes dans un contexte où nous venons d’avoir une tentative de coup d’Etat et cette manifestation est une manifestation de contestation des arrestations liées à ce coup d’Etat. Nous ne pouvons admettre qu’il y ait une connivence aussi évidente entre des organisations démocratiques et un projet fasciste antidémocratique », a déclaré le ministre de l’Intérieur.

« Deuxièmement, l’autre raison de la manifestation c’est de demander à ce qu’on 'recompose', comme ils disent, la Cour constitutionnelle. Il n’y a aucune possibilité légale constitutionnelle de le faire et, par conséquent, ce serait nous demander de démanteler la Constitution. Nous ne pouvons pas accepter des manifestations qui visent à remettre en cause l’ordre républicain », conclut Hassoumi Massaoudou, ministre nigérien de l’Intérieur.