Ouganda: le président Museveni ne peut pas « partir maintenant »

Le président Yoweri Museveni, le 13 septembre 2015.
© REUTERS/Toru Yamanaka/Pool

En Ouganda, la campagne électorale bat son plein. Les élections auront lieu dans un peu plus de deux mois, le 18 février et, cette fois-ci, Yoweri Museveni a des concurrents sérieux. Ils sont huit à se présenter à la présidentielle et face au président Museveni, deux candidats de taille, à savoir son adversaire historique, Kizza Besigye et, pour la première fois, son ancien Premier ministre Amama Mbabazi. Malgré cette concurrence, Museveni n’a pas dit son dernier mot. Il arpente le pays et, lors de ses discours, n’hésite pas à filer la métaphore.

« Comment pourrais-je quitter une bananeraie que j'ai plantée et qui commence à donner des fruits ? », a demandé Yoweri Museveni alors qu’il était en campagne, vendredi et samedi 9 janvier, dans le district de Ntungamo.

« Ce vieil homme qui a sauvé le pays, comment voulez-vous le voir partir ? », a-t-il poursuivi.

Le président, bien connu pour son éloquence, a une fois de plus réservé une prestation usant de nombreuses images.

« On ne peut pas être au milieu de la forêt et demander au vieil homme de s’en aller. Ce n’est pas juste », a-t-il dit. Cependant, le président Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, assure que s’il est battu, il laissera sa place.

« Je n’ai pas peur de partir ; j’ai quelque part où aller. Mais avant cela, il faut être sûr de la direction que prendra le pays », a-t-il souligné.

Dans l’Ouest du pays, il a donc appelé les électeurs à réélire le « vieil homme ». Ceux qui disent "laissez-le partir" doivent savoir que « ce n'est pas le bon moment », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Mon temps viendra et je partirai ».

Habillé de sa traditionnelle chemise jaune et de son chapeau, le président ougandais était accompagné de sa femme, Janet.

« Je ne peux pas quitter le pouvoir maintenant », a-t-il insisté utilisant ainsi une formule qu’il affectionne. Lors de sa campagne de 2011, il expliquait déjà pourquoi il ne pouvait pas « partir maintenant ».