Niger: pas de remise en liberté pour Hama Amadou

L’apposant nigérien et ancien président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou.
© AFP PHOTO STEPHANE DE SAKUTIN

La justice nigérienne devait se prononcer ce lundi sur la demande de mise en liberté provisoire de l'ancien président de l'Assemblée nationale, candidat à l’élection présidentielle du 21 février prochain, emprisonné dans l'affaire de trafic présumé de bébés nigérians. Une demande rejetée. Hama Amadou reste donc en prison.

Le juge de la Cour d’appel a donc rejeté, vers 9 heures du matin, la demande de mise en liberté provisoire de Hama Amadou. C’est la seconde fois que la justice refuse cette demande déposée par les avocats. La première fois, c’était début décembre.

Le délibéré des juges est une douche froide pour les militants présents qui ont très vite manifesté leur déception et leur colère. Mais en criant à l'injustice, ils ont aussi rappelé aussitôt leur détermination à faire élire Hama Amadou le 21 février. « Qu'à cela ne tienne, martelait une femme ce matin devant la cour d'appel, il ira directement de la prison à la présidence ». Et sa voisine d'ajouter : « Hama et Nelson Mandela c'est pareil ».

Pas de campagne électorale pour Hama Amadou

L'essentiel pour beaucoup, c'est que la candidature du rival du chef de l'Etat ait été validée ce week-end par le Conseil constitutionnel. Ce qui lui donne droit d'avoir son nom sur un bulletin. Hama Amadou, sauf rebondissement, ne pourra cependant pas faire campagne. Son parti le Moden Fa Lumana devra se mobiliser pour lui. Un parti dont plusieurs responsables sont en prison, certains depuis près de deux mois, d'autres depuis Noël dans le cadre d'une affaire de coup d'Etat déjoué.

Je suis déçu...
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11-01-2016 - Par Marie-Pierre Olphand

Mais tout n’est pas perdu en théorie pour les proches de Hama. Ses avocats ont cinq jours pour déposer un pourvoi en cassation. Ils peuvent aussi introduire une nouvelle demande de mise en liberté provisoire. Avec l’espoir que celle-ci soit acceptée, avant la présidentielle du 21 février. Ils n'ont pour l'instant pris aucune décision, car ils ne savent pas encore ce qui avait motivé le refus de la cour d'appel ce matin. Ce n’est que lorsqu’ils auront la décision entre les mains qu’ils choisiront leur stratégie.