RDC: rentrée des classes difficile dans les écoles du Sud-Kivu

Des écoliers, en République démocratique du Congo.
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En République démocratique du Congo (RDC), la reprise des cours dans les écoles du Sud-Kivu, ce lundi 11 janvier, s’est effectuée dans un climat tendu. A l’origine de cette tension, l’arrêt du paiement des primes dues aux enseignants par les parents d’élèves. Les parents souhaitent que l’Etat assume désormais ses responsabilités et paie les professeurs. Les cours ont repris, mais certaines associations d’enseignants poursuivent le mouvement.

Depuis une vingtaine d'années, c'est aux parents d'élèves de payer les primes des enseignants. Ces dernières ne sont pas prises en charge par les autorités. Environ 16 000 professeurs se voient ainsi privés de salaires. Cependant, les syndicats d’enseignants ainsi que les associations de parents d’élèves plaident pour que ce soit l’Etat qui prenne ses responsabilités.

« A l’issue de l’Assemblée d’hier, les enseignants, membres du Syeco, ont décidé de ne pas reprendre les cours dans le but d’amener l’Etat à pouvoir réfléchir sur la situation de notre système éducatif. Au lieu que ce soient les enfants qui amènent l’argent en vue de le remettre à leurs enseignants, il faudrait que le gouvernement puisse voir comment il peut canaliser cet argent et chercher d’autres ressources », a déclaré, à RFI, Roger Matabaro, secrétaire provincial du Syeco, un syndicat d'enseignants qui a appelé à ne pas reprendre les cours ce lundi.

Du côté du gouvernement, on assure que les demandes sont entendues. Jointe par RFI, Bernadette Masoka, ministre de l'Education de la province du Sud-Kivu, estime que de grands progrès ont déjà été faits par le gouvernement, en la matière.

« Je ne pourrai pas affirmer que, dès aujourd’hui et demain, tous les enseignants seront pris en charge. En revanche, ce que je peux confirmer c’est que, contrairement à l’époque où on passait trois ou quatre mois sans être payés, au jour d’aujourd’hui, le payement des enseignants est devenu très régulier. D’autre part, vu le nombre d’enseignants qui ne sont pas encore dans le circuit de paye, nous sommes en train de diminuer ce nombre, petit à petit. Chaque mois, leur nombre diminue et chaque trimestre, un grand nombre de ces enseignants est recyclé », a déclaré, pour sa part, Bernadette Masoka, ministre de l’Education de la province du Sud-Kivu.

Certaines associations soulignent que des marches seront organisées, dès jeudi, pour continuer à faire pression sur les autorités locales.