Tunisie: le Parlement vote la confiance au nouvel exécutif remanié

Au premier rang de droite à gauche: le Premier ministre Habib Essid, le ministre de la Justice Amor Mansour, le ministre del'intérieur Hedi Majdoub et le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui, au Parlement, le 11 janvier 2016.
© FETHI BELAID / AFP

Le Parlement tunisien a voté lundi la confiance au nouveau gouvernement remanié. Un changement d'équipe qui intervient onze mois après l'entrée en fonction du Premier ministre Habib Essid. Malgré le déchirement du parti présidentiel, le vote a prouvé que la coalition majoritaire savait rester stable.

Il faut que tout change pour que rien ne change. C'est la stratégie adoptée par le président de la République et le Premier ministre concernant ce remaniement qui a touché treize ministères. Justice, Intérieur, Affaires étrangères et Affaires religieuses, le changement a touché des portefeuilles régaliens. Le gouvernement de Habib Essid comprend un ministère dédié à la lutte contre la corruption. En revanche, les 14 secrétariats d'Etat ont été supprimés.

Mais dans le détail, on s'aperçoit que la tête de l'exécutif n'a pas voulu modifier la coalition majoritaire. Outre le parti présidentiel de Nidaa Tounes, on retrouve des ministres du parti islamiste d'Ennahdha mais également de l'Union patriotique libre et de Afek Tounes. La règle veut que les députés votent sur chaque nouveau ministre. Le moins bien élu a reçu 136 votes sur 185 députés présents.

Ce remaniement intervient alors que le parti présidentiel de Nidaa Tounes est en pleine scission. Au moins 22 députés vont démissionner et devraient former un nouveau groupe parlementaire d'ici la fin de la semaine. Faisant au passage d'Ennahdha le premier parti de l'Assemblée et le plus fort soutien du président Beji Caïd Essebsi.

Le fils Essebsi au coeur du conflit à Nidaa Tounes

La députée Sabrine Ghoubantini fait partie d'un groupe de 9 personnes qui ont démissionné de Nidaa Tounes ce lundi. Elle a toutefois globalement voté la confiance au gouvernement, même si elle aurait aimé « que le remaniement soit plus révolutionnaire, avec une meilleure vision par rapport aux nouveaux défis de la Tunisie, notamment la lutte contre le terrorisme et la lutte contre le commerce parallèle et contre l'inflation », a-t-elle déclaré à RFI.

Elle dénonce tout de même vigoureusement ce qu'elle appelle « un process de putsch sur les institutions du parti » depuis un an, ainsi que le « copinage » et la « succession qui s'est couronnée par la nomination de M. Hafedh Caïd Essebsi à la tête du parti [Nidaa Tounes ndlr] ». « Aujourd'hui, Nidaa Tounes est devenu un parti que je ne reconnais plus, lance-t-elle. Un parti dirigé par des bandits, un parti dans lequel il y a une violence qui est exercée. »