Afrique du Sud: Zuma relance le débat autour d’une réforme agraire

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 19 février 2015 au Parlement, lors de son discours à la nation.
© REUTERS/Mike Hutchings

L'Afrique du Sud envisage-t-elle une réforme agraire comme au Zimbabwe ? Le week-end dernier, le président Jacob Zuma a relancé le débat. A l'occasion des 104 années d'existence de l'ANC, le parti au pouvoir, le président a appelé à une accélération de la redistribution des terres aux fermiers noirs.

S'exprimant devant plusieurs milliers de sympathisants de l'ANC, le président Zuma a une fois de plus remis en cause la réforme agraire dans le pays : « Pourquoi le gouvernement doit-il payer pour des terres qui ont été volées », a-t-il demandé faisant référence au programme de rachat des terres par le gouvernement. Avant d'ajouter : « Peut-être faut envisager d'autres solutions ».

Le mot expropriation n'a pas été prononcé, mais dans la foulée, le président des jeunes de l'ANC, Collen Maine a fait savoir qu'une délégation se rendrait au Zimbabwe pour y évaluer le succès de leur réforme agraire : « Il va falloir que l’on décide s’il est normal que le gouvernement continue de racheter des terres qui ont été prises de force aux gens. Et quand nous reviendrons, si nous pensons que les méthodes utilisées par le Zimbabwe sont les meilleures et bien nous en ferons part aux instances de l'ANC ».

Certes, l'actuelle réforme - basée sur le principe du vendeur et acheteur consentants - n'est pas un succès. En arrivant au pouvoir, il y a 20 ans, l'ANC avait promis de redistribuer 30% des terres détenus par des propriétaires blancs à des petits fermiers noirs. Aujourd'hui, moins d'un tiers de ces terres ont été redistribué en raison notamment du trop faible nombre de vendeurs et des prix trop élevés.