Côte d’Ivoire: peu de changements dans l’équipe gouvernementale

Poignée de main entre le président ivoirien Alassane Ouattara (D) et son Premier ministre Daniel Kablan Duncan qui vient d'annonce la formation de son gouvernement, le 12 janvier 2015.
© SIA KAMBOU / AFP

En Côte d’Ivoire, la composition du nouveau gouvernement vient d’être rendue publique. La nouvelle équipe du Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, reconduit dans ses fonctions, était très attendue, mais finalement il n’y a pas de gros changement.

Pas d’immenses surprises dans cette nouvelle équipe, si ce n’est un gouvernement élargi à 36 postes, ils étaient 31 dans l’ancien gouvernement, et une équipe féminisée puisque l’on compte 9 femmes titulaires de portefeuille de ministre, là où elles étaient 5 précédemment. A noter aussi la nomination de 7 ministres délégués auprès de la présidence.

Parmi les changements notables, signalons les départs du gouvernement d'Ibrahima Cissé Bacongo à la fonction publique, de Charles Diby Koffi aux Affaires étrangères, et de Gnénéma Mamadou Coulibaly à la Justice. Ces deux derniers ont-ils démérité ? Etaient-ils lassés de leur fonction ? A cette question, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a eu une réponse plutôt sobre : « Ça fait partie des prérogatives du chef de l'Etat. Il a décidé que ce soit comme ça et ça a été fait. Voilà », tranche-t-il au micro de RFI.

On avait pourtant cru comprendre que les nominations se faisaient sur proposition du chef du gouvernement, mais on aura pas plus d'explications sur ces départs. Ces deux postes étaient en tout cas en première ligne lors des démêlés judiciaires, le mois dernier, entre la juge française Sabine Khéris et le président de l’Assemblée nationale ivoirien Guillaume Soro. Une affaire qui avait suscité un grand émoi à Abidjan.

Charles Diby Koffi et Gnénéma Mamadou Coulibaly sont respectivement remplacés par Albert Mabri Toikeusse, qui quitte le ministère du Plan et Développement et Sassan Kambiré, un magistrat qui devient lui, garde des Sceaux.

Gouvernement de mission et de combat

Parmi les ministres femmes, les cinq de l’ancien gouvernement Kablan Duncan restent en place et l’on notera entre autres l’arrivée de madame Ramata Ly Bakayoko. L’actuelle présidente de l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody à Abidjan.

Un campus qui a connu de nombreux troubles ces derniers mois : grèves à répétition d'étudiants et d'enseignants, affrontements entre syndicats d'étudiants qui ont fait un mort mi-novembre. Ce lundi encore, les forces de l'ordre se sont déployées pour empêcher les étudiants affiliés au syndicat COEECI de manifester pour la libération de sept camarades. Ces sept étudiants avaient été arrêtés samedi 9 janvier alors qu'ils réclamaient des logements et les résultats de l'enquête sur les accusations de fraude à l'inscription portées contre quelque 3 000 élèves.

Dans la suite des nominations, on remarque également le départ de Paul Koffi Koffi à l’Enseignement technique. Il laisse sa place de ministre de la Défense à Alain Richard Donwahi. Pascal Abinan Kouakou quitte quant à lui la direction générale des impôts pour le ministère de la Fonction publique.

Avec « cinq sortants et neuf entrants », c'est un gouvernement de mission et de combat, a annoncé le Premier ministre Kablan Duncan. Combat et mission qui prendront corps ce mercredi avec le premier conseil du nouveau gouvernement.

Le nouveau gouvernement ivoirien est largement commenté dans la revue de presse africaine de ce mercredi 13 janvier 2016


Réactions

Le secrétaire général du syndicat étudiant Coeeci, Aristide Ozoukou, a salué la nomination de Ramata Ly Bakayoko comme ministre de l'Enseignement supérieur : « Nous sommes contents de cette nomination, car elle connait bien les réalités de l’université, elle est enseignante depuis longtemps, donc elle connait les problèmes. »

Elle va s’inscrire dans la voie du dialogue
Aristide Ozoukou
13-01-2016 - Par Laura Martel

Le Front populaire ivoirien de Pascal Affi N'Guessan prend acte de la nomination du nouveau gouvernement. Pour Franck Mamadou Bamba, secrétaire national à la communication, le FPI attend de voir la nouvelle équipe à l'œuvre, tout en se préparant d'ores et déjà à jouer pleinement son rôle d'opposition.

Le FPI souhaite simplement que ce gouvernement travaille dans l’intérêt supérieur de la population ivoirienne
Franck Mamadou Bamba
13-01-2016 - Par Laura Martel