Moroni prend position dans la crise irano-saoudienne

Moroni, capitale des Comores.
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Depuis l'exécution le 2 janvier dernier du dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr en Arabie Saoudite, le torchon brûle entre Riyad et Téhéran. L'archipel des Comores, seul Etat de l'océan Indien à être membre des pays de la Ligue arabe, a fait bloc face à la République Islamique d'Iran. Un mouvement de solidarité salué également par l'opinion publique.

Moroni a rappelé l'ambassadeur des Comores en Iran. Un geste diplomatique classique dans ce genre de situation. Ce qui l'est moins en revanche c'est la note émanant du ministère des Relations extérieures dans laquelle, les Comores « condamnent avec la plus grande fermeté toute ingérence dans les affaires du royaume d'Arabie saoudite » à l'attention des autorités iraniennes.

Une façon pour le chef de la diplomatie comorienne de montrer qu'il ne se contente pas de suivre l'usage, mais qu'il prend bel et bien position dans ce conflit irano-saoudien.

Rappelons que le mois dernier l'Arabie saoudite avait accordé une aide budgétaire de 40 millions de dollars aux Comores. Une somme qui a en partie servi à régulariser les 3 mois d'arriérés de salaire qu'accusaient les fonctionnaires.

Les Oulémas (chefs spirituels et religieux du pays) ont félicité le président Ikililou Dhoinine pour ce choix. Le caractère religieux du conflit du mouvement chiite contre la branche sunnite, dont la quasi-totalité des Comoriens se réclame, a mis un sérieux cran d'arrêt à l'opération séduction que l'Iran avait entreprise à l'égard des Comores. Qu'ils soient financiers ou religieux, les liens qui unissent les Comores à l'Arabie saoudite sont extrêmement solides.