Niger: Hama Amadou reste en prison, et maintenant?

Hama Amadou, à l'époque où il était président du parlement du Niger, le 6 novembre 2013 à Niamey.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

La Cour d'appel de Niamey a rejeté ce lundi matin la nouvelle demande de liberté provisoire pour l'opposant Hama Amadou. Pour rappel, l'ex-président de l'Assemblée nationale et opposant au chef de l'Etat Mahamadou Issoufou est en prison dans le cadre d'une affaire de trafic présumé de bébés nigérians. Une affaire qui n'a pas encore été jugée sur le fond. Mais Hama Amadou est aussi candidat à la présidentielle du 21 février. Que peut-il se passer pour lui maintenant ?

Sauf rebondissement, Hama Amadou ne pourra pas mener lui-même sa campagne. Ce sont les cadres et les militants de son parti, le Moden Fa Lumana, qui vont devoir s'en charger. Un scénario qui était envisagé et préparé, assure l'un de ses proches
S'il reste en prison au début de la campagne électorale, en théorie l'opposant pourrait encore être libéré d'ici la présidentielle du 21 février.

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Ses avocats ont cinq jours pour déposer un pourvoi en cassation. Ils peuvent aussi introduire une nouvelle demande de mise en liberté provisoire. Ils n'ont pas encore pris de décision car ils attendent de savoir précisément ce qui a motivé le refus de la Cour d'appel pour adapter leur stratégie. Des avocats qui restent combattifs, mais qui en privé ne croient guère à un revirement de la justice dans les prochaines semaines.

L'autre inconnue, c'est l'impact du maintien en détention de Hama amadou s'il se confirme, sur son score au prochain scrutin. Sera-t-il boudé par les électeurs faute de pouvoir aller à leur rencontre ou sera-t-il perçu comme une victime de l'injustice et soutenu pour cela ? Ses militants sont en tout cas bien décidés depuis ce lundi à se mobiliser pour qu'il passe directement de la case prison à la case présidence.

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Les avocats de Hama Amadou ont toujours dénoncé un dossier politique. Ils se disent aujourd'hui surpris d'une telle décision puisque toutes les autres personnes impliquées dans le même dossier ont été elles déjà remises en liberté provisoire. Ils se réservent le droit de faire un pourvoi en cassation, ou de déposer une nouvelle demande devant la Cour d'appel.

Une décision qui peut mettre en péril la paix sociale dans le pays.
Maitre Souleye Oumarou, avocat de Hama Amadou
12-01-2016 - Par Marie-Pierre Olphand