Ouganda: HRW dénonce des pressions récurrentes sur les journalistes

Photo d'illustration. Un marchand de journaux au Nigeria.
© © AFP/Pius Utomi Ekpei

A environ un mois de l'élection présidentielle, la tension monte en Ouganda. Et le travail pour les journalistes est particulièrement sensible. Ce lundi 11 janvier, Human Rights Watch a rendu public un rapport au titre évocateur : « Garder les populations non informées ». Il traite des pressions et tentatives d'intimidation que subissent les reporters sur le terrain pendant cette période préélectorale. Accusés de causer de l'instabilité dans le pays, leur travail est parfois entravé. Il leur arrive même d'être menacés.

Ronald travaille pour la radio et couvre les élections dans l'est du pays. Le week-end dernier, alors qu'il suivait avec d'autres confrères un déplacement du candidat Besigye, la police les a menacés, raconte-t-il. Il cite les propos d'un agent des forces de l'ordre: « Nous allons te rendre le travail très difficile. Et je vais vraiment te rendre la vie dure aujourd'hui ». Dans ce même groupe, les caméras ont été confisquées et celle de la télévision nationale NTV détruite.

Couvrir les élections dans la capitale est moins difficile que dans les campagnes, mais certains journalistes ont de plus en plus de difficultés à travailler en cette période électorale. « On est accusés d'être contre le gouvernement, plus la date des élections avance et plus la pression monte, explique par exemple un journaliste du Daily Monitor, un quotidien national indépendant. Dès que nous couvrons un événement politique, la police est partout, on ne se sent pas en sécurité. » Il accuse les autorités de vouloir cacher certains événements, notamment lorsqu'il y a des violences entre militants. Les autorités bloquent alors l'accès aux journalistes qui ne peuvent pas couvrir ces faits, dénonce-t-il.

Ces reporters concluent tous deux leurs propos de la même manière : « Nous continuons de travailler pour informer la population tout en restant très vigilants ».