Attentat dans une mosquée à Kuyapé, dans l'Extrême-Nord du Cameroun

Des sources sécuritaires évoquent un bilan de 13 morts et un blessé, dans cet attentat survenu ce mercredi 13 janvier dans l'Extrême-Nord du Cameroun.
© Reinnier KAZE / AFP

Un nouvel attentat meurtrier a frappé le Cameroun ce mercredi 13 janvier 2016 dans la matinée. Des sources sécuritaires évoquent un bilan de 13 morts et un blessé. L'attaque s'est produite dans une mosquée, dans l'Extrême-Nord, cible régulière des insurgés du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Boko Haram).

Le kamikaze, un homme d'une trentaine d'années selon des témoignages, s'était infiltré parmi les fidèles de la mosquée de Kuyapé, un village situé au sud de Kolofata. La scène s'est déroulée lors de la première prière du matin.

Le kamikaze a fait exploser sa charge à 5h40, heure locale, détruisant la mosquée, faisant de nombreux dégâts matériels, et surtout humains. Parmi les victimes : l'imam de la mosquée. Des photos du lieu de culte complètement soufflé par la violence de l'explosion ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux.

Cette région frontalière avec le Nigeria est instable, avec ponctuellement, des villages frontaliers qui sont incendiés de nuit. Récemment, c'est un chef de village qui aurait été enlevé par des insurgés de Boko Haram. Concernant le mode opératoire, le groupe jihadiste s'en prend d'habitude aux lieux de rassemblement, notamment aux marchés.

Les musulmans visés

C'est la seconde fois depuis le début du mois qu'un kamikaze se fait exploser à l'intérieur d'une mosquée. D'autres attentats similaires auraient par ailleurs été déjoués, selon une source sécuritaire, qui relève que les hommes sont désormais les plus préposés aux attaques-suicides, alors que la tendance de ces six derniers mois mettait plutôt en scène des jeunes filles d'à peine dix ans.

« La collaboration entre militaires nigérians et camerounais se porte bien, ils détruisent plusieurs positions de Boko Haram », assure cette source. Et de qualifier ces attentats-suicides d'attaques « à forte résonnance au niveau psychologique ».

Cet attentat est l'un des plus lourds en termes de bilan, depuis que les jihadistes de l'organisation Etat islamique en Afrique de l'Ouest opèrent par attaques-suicide en terre camerounaise. Néanmoins, à Yaoundé, les autorités, autant civiles que militaires, répètent à l'envi que l'ennemi est affaibli, même si sa capacité de nuisance reste considérable.