Présidentielle au Bénin: Lionel Zinsou engrange les soutiens

Le Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, ici en 2011.
© AFP PHOTO/ERIC PIERMONT

Le dépôt des dossiers de candidature pour l’élection présidentielle du 28 février prochain s'est terminé tard dans la nuit du mardi 12 janvier. En tout, près de 40 dossiers ont été déposés. Parmi eux, celui du Premier ministre, Lionel Zinsou, qui sera le candidat d’une alliance entre les FCBE, le parti au pouvoir, et le PRD et la RB, deux partis qui étaient dans l’opposition.

C’est vers 22h30 que Lionel Zinsou, en tenue traditionnelle, est venu déposer son dossier entouré de représentants des trois partis qui le soutiennent : l’alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), le Parti du renouveau démocratique (PRD) et la Renaissance du Bénin (RB).

Cette alliance pour soutenir un candidat est historique, a rappelé le Premier ministre.
Ce rapprochement est le fruit d’un travail de plusieurs semaines pour « élaborer une perspective pour gouverner ensemble », a confié Lionel Zinsou.

Le PRD, contraint à l’opposition depuis des années, ambitionne ainsi d’exercer le pouvoir d’Etat. En effet, le parti était en panne de candidats. Son leader, Adrien Houngbédji, actuel président d’une Assemblée nationale aux mains de l’opposition, est frappé par la limite d’âge pour cette présidentielle.

Ce dernier a décidé de s’allier aux FCBE qu’il avait combattus en 2011, lorsqu’il était le candidat d’une union de partis opposés au président sortant Boni Yayi, contre lequel il avait perdu au second tour.

Quant à la Renaissance du Bénin (RB), elle a déjà été alliée de la mouvance présidentielle et elle non plus n’avait pas de candidat. Son président, Lehady Vinagnon Soglo, le maire de Cotonou, a décidé de ne pas se lancer dans la bataille.

C’est donc un grand bloc qui prend forme autour de Lionel Zinsou, qui devrait affronter plus d’une trentaine de candidats. Et puis c’est un bloc inédit parce qu’il transcende le caractère régionaliste de la politique béninoise, où les formations ont un ancrage régional. Là, c’est un rassemblement du nord, du centre et du sud. Reste à savoir si les sympathisants des forces qui soutiennent Zinsou suivront les consignes de vote de leurs chefs. Car c’est aussi la 1ere fois qu’un candidat annonce qu’il a le soutien de partis qui ne l’ont pas eux-mêmes encore officiellement annoncé.

Les dossiers seront transmis ce mercredi 13 janvier à la Cour constitutionnelle, qui communiquera la liste définitive des candidats le 25 janvier.