RDC: les autorités vont fermer le camp de déplacés de Mokoto

Photo d'illustration. Des réfugiés angolais en RDC s'apprêtent à retourner dans leur pays en 2014 après avoir fui la guerre civile.
© RFI/ Léa-Lisa Westerhoff

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les autorités congolaises ont décidé de fermer le camp de déplacés de Mokoto par la force après la découverte d’une arme dans une hutte. Les forces de sécurité se sont rendues sur place ce mardi et ont brûlé le camp, forçant les quelque 4 000 déplacés à retourner en brousse. Une situation qui inquiète la communauté humanitaire, surtout que les autorités ont manifesté leur intention de fermer d’autres camps de déplacés similaires.

Des huttes brulées, des familles obligées de fuir face aux forces de sécurité venues les faire déguerpir par la force. C’est suite à la découverte d’une arme dans le camp que cette mesure a été décidée. Une arme qui aurait servi à voler du bétail dans les villages avoisinants, explique une source sécuritaire. Le gouverneur de la province, Julien Paluku, confirme et assure que les populations des environs avaient exprimé le fait qu’elles se sentaient en insécurité à cause de la présence de ce camp de déplacés.

« Nous étions satisfaits des premières mesures qui avaient été prises, l’arme avait été saisie, les malfaiteurs arrêtés et leur hutte brulée », explique la chef du bureau de coordination des Nations unies à Goma. Mais par la suite, le conseil provincial de sécurité aurait décidé de la fermeture pure et simple du camp.

Malgré l’intervention du coordonnateur du système des Nations unies en RDC, Mamadou Diallo, qui avait écrit une lettre et tenté d’interpeller les autorités, l’opération a eu lieu, prenant de court la communauté humanitaire. Pas de solution pour les quelque 4 000 déplacés et une fermeture qui risque d’avoir un impact également sur les populations environnantes, des dizaines de milliers de personnes qui – elles-mêmes – pouvaient bénéficier de la présence et l’assistance des humanitaires sur place.

« Si on doit respecter le droit humanitaire, on ne peut pas non plus laisser une mentalité d’assisté se développer alors que ces déplacés pourraient rentrer chez eux », explique le gouverneur de la province. Julien Paluku, de retour depuis hier à Goma, a toutefois promis d’évaluer la situation et d’en parler avec la communauté humanitaire.

On est inquiets parce qu'il y a plus de 4000 personnes vulnérables qui ont été expulsées de ce site où elles ont pris refuge depuis quelques années.
Hazel Siri, chef du Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires à Goma.
14-01-2016 - Par Sonia Rolley