RDC: le Burundais Egide Mwéméro bientôt devant la justice militaire?

Des policiers devant les locaux de la Radio publique africaine (RPA), à Bujumbura, le 26 avril 2015.
© REUTERS/Thomas Mukoya

La semaine dernière, on le disait sur le point d'être renvoyé dans son pays. Mais le technicien burundais Egide Mwéméro, de la Radio publique africaine, est toujours détenu à Kinshasa, en République démocratique du Congo, par les services de sécurité de l'Etat. Alors qu'il était venu au Congo pour réparer les installations d'une radio partenaire, Le Messager du peuple, qui émettait un programme de la RPA, y compris au Burundi voisin, malgré l'interdiction des autorités burundaises, il avait été arrêté le 13 octobre dernier. Il fait aujourd'hui partie d'un groupe d'une trentaine de prisonniers accusés de vouloir déstabiliser le Burundi depuis le Congo voisin et qui, promet-on à Kinshasa, seront bientôt présentés devant la justice militaire de RDC.

Egide Mwéméro dit avoir passé moins d'une heure dans les locaux de la radio Le Messager du peuple, avant d'être interpellé. « Le directeur Bob Rugurika m'avait demandé de venir réparer leur émetteur qui avait un problème, j'étais responsable technique à la RPA », explique-t-il, ajoutant que personne ne lui avait expliqué pourquoi il avait été arrêté. « Dites simplement à ma femme que je tiens le coup », précise-t-il, visiblement ému et fatigué. « Je suis innocent et je demande ma libération », conclut le technicien.

D'autres confirment la version des services de sécurité congolais et ne cachent pas leur volonté d'avoir voulu déstabiliser le régime de Bujumbura. C'est le cas d'Emmanuel Manariyo, qui se présente comme le chef de la rébellion Union des patriotes pour la révolution - Forces révolutionnaires, qui serait basée dans la forêt de Kibira. Il dément en revanche avoir eu des velléités de recruter dans le camp de Baraka lorsqu'il a été arrêté le 20 novembre au Congo.

L'opposant burundais Jean Minani était présenté par Kinshasa comme l'un des fondateurs de cette rébellion. « On n'a pas de relation, j'avais créé un mouvement politique avec Jérémie Minani avant d'entrer en rébellion, il y a un Daniel Minani parmi nos membres, mais Jean Minani, non », assure-t-il. D'autres encore reconnaissent avoir été recrutés dans les camps de réfugiés au Rwanda, avoir reçu une formation militaire et une fausse carte d'électeur congolaise, pour pouvoir s'infiltrer au Congo. Mais ils disent ne rien savoir de ceux qui dirigent leur rébellion.