Lutte anti-corruption au Burkina Faso: un audit des institutions réclamé

Campagne de lutte contre la corruption au Burkina Faso.
© Renlac

Au Burkina Faso, de plus en plus de voix s'élèvent pour exiger un audit des organes et institutions sous la transition. Après une manifestation des travailleurs de l'ex-assemblée intérimaire, c'est le réseau national de lutte anti-corruption qui donne de la voix. Un réseau qui dénonce, en plus, de nombreux cas de corruption décélés au cours du double scrutin du 29 novembre dernier. Le nouveau président Roch Marc Christian Kaboré a d'ailleurs demandé au contrôleur de l'Etat de procéder à ces audits.

Après les travailleurs de l’assemblée intérimaire, l’ex Premier-ministre et le président du Faso, c’est au tour du Réseau national de lutte anti-corruption, le Renlac de réclamer un audit de la gestion des affaires sous la transition.

« Cette investigation permettra à chaque acteur de répondre de ses actes. Les dossiers gorgés de suspicions ne manquent pas. On peut citer entre autres les passations de marché par la procédure de gré à gré, les nominations et affectations qui ont eu cours en fin et début d’exercice, l’opacité dans la rémunération des ministres et les bonus accordés dans la rémunération de certains ministres, etc. », explique Claude Wetta, secrétaire exécutif du Renlac.

Concernant les élections, le Réseau national de Lutte anti-corruption a noté environ 240 cas de corruption électorale. En tête de ce hit-parade : le MPP, le parti au pouvoir, suivi par l’UPC de Zéphirin Diabré et le Congrès pour la Démocratie et le Progrès : « Les gens ont distribué des billets de banque, ils ont distribué des motos, ils ont distribué des tee-shirts, etc., etc. Il faut interpeller les gens pour leur dire qu’on veut ouvrir une nouvelle ère. Il est important que l’on garde une très, très grande vigilance ». Pour le prochain scrutin, le Renlac réclame le déploiement d’une police des élections afin de constater les pratiques constitutives d’infractions pénales.