Angola: le procès des 17 opposants ajourné au 25 janvier

La présence des journalistes est autorisée seulement par intermittence et l'accès à la salle du tribunal est interdit aux observateurs internationaux.
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En Angola, le procès des 17 jeunes opposants au régime a été suspendu jusqu'au 25 janvier prochain, moins de 24h après sa reprise. Raison invoquée par les juges : sur la cinquantaine de témoins qui était appelée à comparaître, seulement deux se sont présentés.

Lundi, le père Pio Wakussanga a été entendu. Il est désigné par l’accusation comme « président de la CENI » du « gouvernement de salut national » qu’auraient souhaité mettre en place les jeunes.

« C’était la première fois qu’il entendait parler de ce prétendu gouvernement », rapporte répond Maître Francisco Miguel qui défend les accusés. « Il s’agit d’une blague », lors d’une « discussion sur les réseaux sociaux », s’insurge l’avocat.

Le procès doit reprendre le 25 janvier pour s’achever le 29. Des délais qui paraissent difficilement tenables à la défense et aux proches des accusés. Ces derniers estiment que l’accusation cherche à « faire trainer la procédure » pour « épuiser les jeunes militants et détourner l’attention des observateurs ».

Les ONG de défense des droits de l'homme, quant à elles, demandent leur libération immédiate et sans condition. Les accusés sont étudiants, professeurs, journalistes, tous âgés de 18 à 33 ans. Selon le journal portugais Público, l’un d’entre eux sera jugé par un tribunal militaire en raison de son appartenance aux forces armées angolaises. Ils sont suspectés de préparer une rébellion et un attentat contre le chef de l’Etat. La plupart ont été arrêtés en juin alors qu’ils se réunissaient en vue de traduire un livre sur la désobéissance civile.

Deux accusés comparaissent libres, les autres ont été emprisonnés six mois avant d'être assignés à résidence en raison d’une modification du code de procédure pénale jugée « dangereuse » par l’écrivain et opposant Raphaël Marques. Parmi eux, Luaty Beirão, figure du rap angolais et opposant de longue date. Il a mené une grève de la faim de trente-six jours pour protester contre une détention préventive qui dépasse, selon lui, le délai prévu par la loi.