[Reportage] Au Sénégal, les conditions de vie difficiles des étudiants

Des logements étudiants de l'université Cheikh Anta Diop, à Dakar.
© RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, il y a six mois, le président Macky Sall s'était rendu à l'université Cheikh Anta Diop. Accueilli par des jets de pierre, le chef de l'Etat avait appelé les étudiants à revendiquer leurs droits sans violences. Les étudiants demandaient notamment une amélioration de leurs conditions de vie. Six mois après, le nombre très élevé d'élèves n'a pas permis de changer ce quotidien, mais les étudiants tentent malgré tout d'assurer leur futur.

Deux matelas, un vieil ordinateur qui chauffe, un petit lavabo où s'entassent les brosses à dents... C'est le lieu de vie de Saliou et de ses quatre colocataires. « La chambre est là, composée de deux lits et une "table", décrit-il. 10 m² où on peut parfois habiter à cinq ou plus. »

Au fond du couloir, l'eau suinte sur les murs du bloc sanitaire. Karim sort de l'une des trois douches en fonctionnement. « Ça va et ça va pas à la fois, parce que c'est gâté, c'est ancien, mais à part ça, on vit ici dans la convivialité et tout est en ordre quoi. »

Chambres surchargées

Le bâtiment d'en face, c'est celui des filles. Les chambres sont plus grandes, mais elles sont là encore bien remplies. « Il faut changer les conditions de vie, réclame une étudiante. Même pour charger notre téléphone ça pose problème ! Il n'y a qu'une seule prise qui marche ici dans la chambre. »

Une autre ajoute : « Il faut se battre. On ne dort pas bien. Il y a trois lits mais on est 14 dans la chambre. C'est dur. » Pour elles, les autorités doivent contribuer à « changer les conditions [de vie] concrètement ».

Des conditions de vie difficiles, mais à la nuit tombée, tous ces étudiants ne pensent qu'à une seule chose : travailler.

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Il y a trois lits mais on est 14 dans la chambre.
Dans des dortoirs étudiants à Dakar
14-01-2016 - Par Guillaume Thibault