Togo: 3 ans après l’incendie du marché de Lomé, personne n’a été jugé

Parmi les militants de l'opposition arrêtés après l'incendie du marché de Lomé, sept sont toujours en détention préventive.
© Alex Potemkin/Getty images

Il y a trois ans, un énorme incendie ravageait le marché central de Lomé au Togo, provoquant un coup sévère à l'économie locale. Très vite, la piste de l'incendie criminelle avait été privilégiée et plusieurs dizaines d'arrestations avaient été menées dans les rangs de l'opposition politique. Parmi ces militants, sept sont toujours en détention préventive. L'un d'eux est même mort incarcéré.

A l’occasion des trois ans de l’incendie du marché central de Lomé, l'organisation des droits de l'homme Amnesty International s’inquiète du sort des personnes toujours détenues dans cette affaire. Membre de l’ONG, François Patuel, spécialiste de l'Afrique de l'Ouest s’alarme de cette situation et appelle au plus vite à un procès équitable : « Quand on pose la question aux autorités pour savoir comment ça se fait que le procès prend autant de temps, on nous répond que c’est parce qu’il y a des hommes politiques qui sont impliqués et qu’il est difficile d’obtenir leur déposition. C’est tout à fait inacceptable, on ne doit pas garder des personnes en détention préventive pendant trois ans sur ce motif-là. Il faut que le procès soit organisé dans les plus brefs délais ou qu’ils soient libérés ».

Le temps qui passe sans procès inquiète d’autant plus François Patuel qu’une partie des suspects ont été libérés et qu’il craint un oubli pour les autres : « Il y a quand même une grande partie qui a été libérée, notamment pour des raisons médicales, d’autres pour des raisons politiques pour leur permettre de se présenter à des élections. Maintenant, il en reste sept en détention et il n’est pas question qu’ils soient oubliés dans les centres de détention. Il faut, encore une fois, que leur jugement soit organisé le plus rapidement possible et dans des bonnes conditions ou qu’ils soient libérés comme les autres ».