Tunisie: 5 ans après sa chute, l’exil discret et doré de Ben Ali

L’ex-président Ben Ali accompagné de son épouse, Leïla Trabelsi en mars 2006, lors du 50ème anniversaire de l'indépendance de la Tunisie.
© AFP

Le 14 janvier est une date marquée d'une pierre blanche pour beaucoup de Tunisiens. En effet, il y a cinq ans, jour pour jour, Zine el-Abidine Ben Ali, l'ancien président, était chassé du pouvoir après un mois de manifestations et de répression. Ce 14 janvier, l’ancien homme fort monte dans un avion direction l'Arabie saoudite. Et c'est là qu'il vit depuis en exil.

Depuis 2011, c'est dans une relative discrétion que Ben Ali, son épouse Leïla Trabelsi et leurs enfants passent leurs jours aux frais du royaume saoudien, leurs avoirs personnels ayant été confisqués par les autorités de transition tunisiennes. Il y a tout de même eu quelques sorties médiatiques du couple. Des photos du quotidien somme toute banal de la petite famille ont circulé sur internet.

Dès 2011, Ben Ali s’est exprimé via son avocat notamment pour dire que son départ était le fruit d'une manipulation de sa garde présidentielle. Leïla Trabelsi a de son côté tenté de démentir les accusations de corruption qui la visent dans un livre sorti en 2012. Sur la santé de l'ex-dictateur, âgé de 79 ans, rien de précis ne filtre sauf les rumeurs d'une hospitalisation en 2011 pour un prétendu accident vasculaire cérébral.

Un mandat d'arrêt international vise le couple, qui a été condamné par contumace à plusieurs dizaines d'années de prison pour détournement de fonds publics, fraudes, corruption. Ben Ali a, en plus, été condamné à la prison à vie pour son rôle dans la répression de la révolte populaire. Mais la famille est à l'abri. L'Arabie saoudite, qui n’extrade pas les personnes de confession musulmane au nom « de la miséricorde islamique », a toujours refusé de répondre aux demandes d'extradition de la justice tunisienne.