Afrique du Sud: la Commission électorale à la conquête des jeunes

Opération de vote en Afrique du Sud en 2008.
© Nadine Hutton/Bloomberg via Getty Images

En Afrique du Sud, la Commission électorale a lancé la campagne d’inscription sur les listes pour les prochaines élections municipales. La date exacte du scrutin n’a pas encore été arrêtée, mais il devrait se tenir entre le mois de mai et le mois de juin. Il s’agit d’élections importantes, car elles risquent d’être serrées dans plusieurs grosses villes du pays où le parti au pouvoir depuis 20 ans, l’ANC, est menacé. En tout cas, pour la Commission, le défi principal va être de convaincre les jeunes Sud-Africains à aller s’inscrire sur les listes.

Plus de 9 millions de Sud-Africains en âge de voter ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Cela représente un tiers des électeurs potentiels et un vrai défi pour la Commission électorale indépendante. D’autant plus que la très grande majorité, 80% d’entre eux, sont des jeunes de moins de 35 ans.

Autre casse-tête pour la Commission, il faut s’assurer que ceux qui votent sont bien inscrits dans leur commune. L’année dernière, la Cour constitutionnelle a dû annuler les résultats d’une ville à l’ouest de Johannesburg où il y avait bien plus de votants que d’inscrits.

63% des Sud-Africains n'ont pas d'adresse

Pour Terry Tselane, vice-président de la Commission, le problème d’adresse des électeurs est une priorité : « Nous avons le problème suivant : seuls 37% des gens dans ce pays ont une adresse officielle. Donc le reste, soit 63%, n’en ont pas, ce sont des gens qui vivent dans les bidonvilles et les villages. Nous allons donc envoyer nos employés partout dans le pays dans ces endroits pour identifier des points de repère pour que les gens n’ayant pas d’adresse puissent être associés à tel ou tel bureau de vote ».

L’opposition n’est pas convaincue. Elle dénonce la pratique, selon elle courante, du transport d’électeurs d’un bureau à un autre. Pour la Commission électorale, ce scrutin va être un test de crédibilité. Son ancienne présidente, accusée de corruption, a été forcée de démissionner l’année dernière. Et son nouveau président est un ancien conseiller au président Jacob Zuma.