Attaque jihadiste à Ouagadougou: un air de déjà vu

Une vue générale du Splendid Hôtel, au pied duquel un incendie s'est déclaré, lors de l'attaque de plusieurs hommes armés, le 15 janvier 2015.
© REUTERS/Reuters TV

Des opérations de ratissage ont été menées ce samedi à Ouagadougou. Les forces de sécurité ont lutté toute la nuit du vendredi 15 au samedi 16 janvier, contre les terroristes qui occupaient le Splendid Hôtel. Une attaque bien préparée, signée al-Mourabitoune, et qui aura nécessité l'intervention des forces spéciales françaises. La cible et le mode opératoire rappellent ceux de l'attaque contre le Radisson Blu à Bamako.

Selon nos informations, le commando qui a participé à l'attaque de Ouagadougou était bien organisé. Le groupe serait composé d’une dizaine à une quinzaine de combattants décrits essentiellement comme des peaux claires donc d'origine touarègue ou nord-africaine, selon une source sécuritaire consultée par RFI, ce qui explique qu’une opération de ratissage est encore en cours.

Signe d’une opération minutieusement préparée : certains éléments précurseurs se seraient installés dans l'hôtel la veille de l'attentat, afin d'intervenir de l'intérieur du bâtiment. L’attaque a commencé vendredi 17 janvier dans la soirée. Les terroristes seraient passés à l'action en mitraillant le Cappuccino, un café qui se trouve en face de l’hôtel. Les assaillants ont ensuite tiré sur les clients du Splendid Hôtel. Au total, les opérations antiterroristes auront duré près de 12 heures.

Similarités avec l'attaque de Bamako

Dès hier soir, la France a proposé l'intervention de ses forces spéciales. Mais une source burkinabè indique qu'une partie des soldats du détachement des forces spéciales françaises était en opération loin de la capitale au moment de l'attaque du Splendid Hôtel. Il a donc fallu attendre leur retour.

Selon différentes sources, de quatre à six terroristes auraient été tués et un membre des forces spéciales françaises aurait été blessé.

Des Bamakois entre colère et tristesse
17-01-2016

Comme ce fut le cas lors de l’attaque du Radisson Blu de Bamako au Mali le 20 novembre dernier, les forces spéciales américaines ont également participé à l'assaut. Aussi bien la cible que les modes d'action sont d'ailleurs quasiment identiques à ceux de l'attaque de Bamako, dans laquelle une poignée d'hommes a pris d'assaut un hôtel international.

Vendredi soir à Ouagadougou, la même chose s'est reproduite avec un commando bien organisé qui mitraille les clients et met le feu au Splendid Hôtel. L'objectif étant de faire le maximum de dégâts en quelques minutes puis de se retrancher. Le Splendid est un bâtiment imposant, en forme de L, mesurant 40 mètres de long et comprenant 4 étages et 146 chambres, sans compter les sous-sols, les cuisines et la terrasse.

Cibles faciles

On imagine bien la difficulté qu'il peut y avoir à intervenir dans une structure aussi vaste, surtout si elle a été piégée. La cible était située à un kilomètre de l'aéroport, et à peine plus loin de l'ambassade de France à vol d'oiseau.

Cet attentat comme celui de Bamako en tout cas, souligne l'impérieuse nécessité de procéder très vite à un audit de sécurité des grands hôtels internationaux de la zone sahelo-saharienne qui sont clairement devenus des cibles, visiblement très faciles à atteindre par les terroristes.

Visionner le récit des attaques terroristes à Ouagadougou