Le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, ici le 12 mars 2012 à Yamoussoukro.
© AFP / Sia Kambou

Le Burkina Faso a lancé un mandat d'arrêt international contre Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne et ancien chef de la rébellion. Il est accusé par la justice burkinabè d'avoir soutenu le putsch raté du général Gilbert Diendéré le 17 septembre 2015.

Un mandat d'arrêt international contre Guillaume Soro, le numéro deux du régime ivoirien, a donc bien été émis le 8 janvier et Interpol a été saisie affirme le directeur de la justice militaire burkinabè, Sita Sangaré. Ce mandat d’arrêt intervient dans le cadre de l'enquête sur le coup d'Etat raté du 17 septembre 2015 à Ouagadougou. Celle-ci a déjà permis d'interpeller plusieurs responsables, dont Djibril Bassolé, l'ancien ministre des Affaires étrangères burkinabè.

A l'origine de ce mandat d'arrêt, deux enregistrements téléphoniques attribués au président de l'Assemblée nationale et à Djibril Bassolé. Ces écoutes avaient été publiées par la presse en novembre 2015. Il s'agit de conversations dans lesquelles on entend les voix de deux hommes, évoquant un soutien, notamment financier, au putsch du général Gilbert Diendéré. Jusque-là, ces enregistrements n'ont pas été authentifiés. Guillaume Soro et Djibril Bassolé, eux, ont toujours nié avoir eu cette conservation et dénoncent une « manipulation ».

Silence radio à Abidjan

Le gouvernement ivoirien reste pour le moment extrêmement silencieux sur cette affaire. Si l’entourage du président de l’Assemblée nationale parlait, vendredi matin, « d’un acte hostile contre la Côte d’Ivoire si ce mandat était avéré », il était précisé, dans la même phrase, que la voie diplomatique et les bons rapports entre les deux capitales étaient à privilégier avant toute chose.

Depuis c’est le silence radio. Le ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères, qui viennent tout juste de changer de patrons, ne sont officiellement au courant de rien. Guillaume Soro, en partance pour Bouaké, est injoignable et la présidence ivoirienne, elle, privilégie le no comment pour le moment.

Les hautes sphères diplomatiques semblent vouloir calmer le jeu avant tout et faire en sorte que les rapports entre Ouagadougou et Abidjan soient les plus paisibles possibles. Une rencontre entre Alassane Ouattara et Christian Kaboré, après celle de Cotonou il y a une semaine, paraît plus que jamais nécessaire voire urgente.