Rwanda: témoignage controversé lors du procès de deux anciens officiers

Le général Frank Rusagara (dr.) et le colonel Tom Byabagamba (g.) devant la Cour martiale rwandaise, le 29 août 2014.
© RFI/Bryson Bichwa

Le procès de l'ancien chef de la garde présidentielle, le colonel Tom Byabagamba et du général, en retraite, Frank Rusagara se poursuit à Kigali. Ces deux anciens proches du premier cercle du pouvoir font face à la justice militaire depuis leur arrestation, fin août 2014. Ils sont notamment accusés d'« incitation au soulèvement ». Lors de ces dernières audiences, ce qui a fait vivement débat, ce sont les déclarations contradictoires d'un témoin clé, cité à charge contre l'un des prévenus.

Parmi la dizaine de témoins cités dans l'acte d'accusation, l'un d’entre eux sort du lot. Il s'agit du capitaine en retraite David Kabuye. Le mari de l'ancienne chef du protocole de la présidence avait été arrêté à la même période que les deux hauts-gradés. Après avoir purgé six mois de prison pour « détention illégale d'arme à feu », il avait été arrêté une seconde fois, accusé « incitation au soulèvement », avant d'être acquitté en décembre dernier.

Le 19 août 2014, soit deux jours avant sa première arrestation, David Kabuye avait signé une déposition dédouanant Frank Rusagara. Cependant, lors du procès, le parquet s'est appuyé sur une seconde déposition du capitaine en retraite, cette fois à charge et rédigée alors que David Kabuye était en détention.

Propos critiques

Il y accuse le général en retraite d'avoir tenu des propos critiques visant, selon le parquet, à inciter des officiers à se soulever contre l'Etat.

Ce sont là des déclarations diamétralement opposées. Celle à charge a été faite « sous pression », selon l'avocat du général en retraite qui ne cesse de dénoncer, depuis le début du procès, des témoignages « montés de toute pièce ». Ces accusations sont énergiquement démenties par le parquet.