Sénégal: les prix des produits pétroliers à la baisse

Au Sénégal, l’Etat a annoncé une baisse de 5 % des produits pétroliers qui entrera en vigueur, ce samedi 16 janvier.
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Au Sénégal, l’Etat vient d’annoncer une baisse des prix des produits pétroliers. La décision, attendue depuis très longtemps par les consommateurs, sera effective ce samedi 16 janvier à 18 heures. Essence, diesel mais également le gaz subiront, en moyenne, une baisse d’un peu plus de 5%. Ainsi, un litre d’essence coûtera 40 francs CFA de moins et 50 francs pour le gasoil.

Dans les stations-service de Dakar, rares sont les clients qui font le plein. Le gasoil et l’essence coûtent cher et la baisse des prix annoncée, entre 5 et 7%, est souvent jugée insuffisante. « Ce n’est pas du tout suffisant vu ce que le baril coûte actuellement. Par conséquent, le prix pourrait baisser beaucoup plus. Ce n’est pas du tout normal », a déploré Chérif qui se situe dans le camp des insatisfaits.

Au volant de son 4x4 essence, Momo juge, au contraire, la décision de l’Etat satisfaisante « parce que ça peut aider les gros consommateurs comme nous qui avons des grosses 4x4 comme ça. On consomme par jour plus de 10 000 Francs [15,20 euros]. C’est une bonne initiative du gouvernement », s’est-il réjouit. Demba et Malick, chauffeurs de taxi, sont dans le même état d’esprit.

« C’est bon, oui ». « Vraiment on est très contents, en tout cas pour le carburant, pour la baisse, oui, c’est bon », ont-ils dit. Pourquoi seulement 5% de baisse ? L’Etat, ainsi que l’explique le doyen de la faculté de Sciences économiques, Aly Mbaye, a besoin des taxes sur le pétrole pour fonctionner.

« Il faut comprendre qu’il y a énormément de taxes qui s’appliquent au carburant. Il y a, par exemple, des taxes qui sont prélevées pour soutenir les prix. Il y a également des taxes qui sont prélevées pour alimenter la Senelec [Société nationale d’électricité du Sénégal]. Donc les consommateurs de carburant subventionnent le prix de l’électricité », a précisé Aly Mbaye.

Reste Saïd qui tend au pompiste ses billets de 10 000 francs CFA, mais voit déjà plus loin. « Quand est-ce qu’on va arrêter d’utiliser l’essence ? », s'est-il demandé.