Burkina Faso: à l'hôpital avec les blessés de l'attaque de Ouagadougou

Un blessé soigné à l'hôpital Yagaldo Ouédraogo de Ouagadougou le 16 janvier 2016, après l'attaque jihadiste dans le centre de la capitale.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Selon le gouvernement burkinabè, au moins 29 personnes sont mortes et une trentaine d’autres ont été blessées au cours de l’attaque du Splendid Hotel et du café-restaurant Cappuccino, à Ouagadougou, vendredi soir. Aussitôt évacués, les blessés ont été conduits vers le CHU de la ville pour y recevoir les premiers soins. Chirurgiens et personnel soignant ont travaillé toute la nuit. 

Blessures par balle, fractures et surtout énorme traumatisme pour les dizaines de victimes de l’attaque du Splendid Hôtel et café-restaurant Cappuccino, qui ont été conduites vers hôpital central de la capitale burkinabè pour y être soignées.

Le service des urgences n’a pas désempli et à l’extérieur, dans la cour, les proches des victimes attendent des nouvelles rassurantes. Comme Eric, dont l’un des amis a pris une balle dans le pied. « Il a voulu essayer de fuir et puis ils ont rafalé », explique-t-il.

« J'ai vu que je saignais »

Sur un matelas de mousse posé à même le sol, Susan Songo Ouedraogo, allongée, vient d’être opérée d’une fracture ouverte au bras. « Dès qu’ils sont rentrés, ils ont rafalé, raconte-t-elle. Beaucoup ont été blessés. On était quatorze pour la réunion et il y a eu cinq blessés, dont moi-même. J’ai vu que je saignais. J’ai une fracture ouverte parce que la balle a transpercé mon avant-bras. J’ai été opérée et ça va beaucoup mieux maintenant. »

Enfermée dans une salle du Splendid Hôtel avec d’autres personnes, elle a cru que sa dernière heure était arrivée. « Ça a commencé vers 19h30 et ça a duré jusqu’à 3h du matin, quand l’armée française et américaine sont intervenues, rapporte-t-elle. On avait peur, on était traumatisés. Ils sont venus nous aider à descendre et ils nous ont fait les premiers soins. Toute la nuit ça tirait de partout. On a essayé d’appeler nos familles pour dire que ce n’était pas sûr qu’on allait se revoir parce que là, ils ne blaguaient pas. »

Tous les blessés pris en charge

Le CHU Yagaldo Ouédraogo est le principal hôpital de Ouagadougou. Il se situe près des lieux de la prise d’otages. « Toute la nuit, les équipes ont travaillé, raconte un soignant de l'hôpital. Le chirurgien de garde a opéré toute la nuit avec toutes les équipes. Tous les blessés qui ont été admis à l’hôpital ont été pris en charge. Actuellement, nous avons trois blocs qui tournent en permanence depuis hier. Nous avons reçu 28 blessés par balle. Les blessés légers ont été pris en charge en périphérie et tous ont pu être pris en charge. »

Outre une trentaine de blessés civils, on dénombre deux militaires et deux policiers transférés aux urgences.

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