Djibouti: prison ferme pour Ewado, défenseur des droits de l’homme

A Djibouti, Omar Ali Ewado, fondateur de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme, a été condamné à trois mois de prison ferme, pour diffamation, ce dimanche 17 janvier.
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Le verdict a été rendu, ce dimanche contre le fondateur de la Ligue djiboutienne des droits humains, Omar Ali Ewado. Le défenseur des droits de l’homme a été condamné à trois mois de prison ferme pour diffamation publique.

Omar Ali Ewado avait publié une liste provisoire des victimes des affrontements entre civils et forces de l'ordre. Ces dernières ont ouvert le feu sur la foule lors d’une cérémonie religieuse à Balbala, en périphérie de Djibouti, le lundi 21 décembre.

Cette liste faisait état d’au moins 29 morts et 52 blessés. Ces chiffres ont été validés par la FIDH.

Le gouvernement, de son côté, parle de neuf victimes et 70 blessés. Emmanuel Daoud est avocat au barreau de Paris et à la Cour pénale internationale. Il dirige la défense d’Omar Ali Ewado. Il dénonce une instrumentalisation de la justice par le pouvoir.

Il s’agit d’une décision qui est infondée en fait et en droit.
Emmanuel Daoud
17-01-2016 - Par Carol Valade

Les avocats d'Omar Ali Ewado ont décidé de faire appel.

De son côté, Florent Geel, responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, dénonce une radicalisation et une intensification sans précédent de la répression contre les voix contestataires à Djibouti.

Trois mois de prison c'est le temps d'aller à l'élection présidentielle et donc il s'agit de museler une voix qui pouvait porter à Djibouti et à l'extérieur des frontières.
Florent Geel
18-01-2016 - Par Carol Valade

Par ailleurs, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dénonce l’arrestation de deux journalistes à Djibouti cette semaine : Kadar Abdi Ibrahim, co-directeur du journal d’opposition L’Aurore et Mohamed Ibrahim Waiss de la radio indépendante La Voix de Djibouti.