Maroc: arrestation d'un Belge lié aux attentats de Paris

La police scientifique au travail, au lendemain du raid policier mené sur l'immeuble à Saint-Denis en région parisienne où se trouvait notamment Abaaoud.
© REUTERS/Benoit Tessier

Un Belge d'origine marocaine « lié directement » aux auteurs des attentats de Paris, a été arrêté la semaine dernière au Maroc, a annoncé lundi 18 janvier 2016 le ministère de l'Intérieur à Rabat. Le suspect aurait rencontré en Syrie Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques terroristes dans la capitale française. Le parquet belge a confirmé cette arrestation.

Identifié dans un premier temps par ses seules initiales, « G.A », l'individu a été arrêté vendredi dans la ville d'al-Mohammadiya, près de Casablanca, a précisé le ministère dans un communiqué. Il est « lié directement à certains auteurs des attentats de Paris », qui ont fait le 13 novembre 130 morts et ont été revendiqués par le groupe Etat islamique (EI).

Selon le site d'information marocain Le360, proche du palais royal, l'homme appréhendé a été interpellé au domicile de sa mère alors qu'il s'y trouvait seul. Sa mère se trouve actuellement en Belgique et son père est décédé. Le suspect a été ensuite identifié comme étant Gelel Attar, 26 ans, a indiqué le parquet fédéral belge.

Le suspect a rencontré Abaaoud en Syrie

L'enquête a établi que ce Belge s'est rendu en Syrie le 4 janvier 2013 avec l'un des kamikazes de Paris, celui qui s'est fait exploser lors de l'assaut final des forces de l'ordre dans la ville de Saint-Denis, à savoir Chakib Akrouh, le dernier terroriste identifié, qui était par ailleurs dans la Seat noire ayant conduit le « commando des terrasses ».

En Syrie, en 2013, Gelel Attar ne reste que quatre mois, mais il a le temps de rejoindre dans un premier temps le Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, avant d'être enrôlé par les jihadistes du groupe EI, selon le ministère.

Durant son séjour, il s'est entraîné au maniement des armes et a établi des liens avec des commandants de l'organisation EI, dont Abdelhamid Abaaoud, « le cerveau des attaques terroristes dans la capitale » française, selon le texte. Abaaoud et ce suspect se seraient donc rencontrés en Syrie dans les rangs du groupe EI. C'est probablement là aussi qu'il récolte le pseudonyme d'Abou Ibrahim.

D'après l'enquête marocaine, Attar a quitté ensuite la Syrie en mai pour la Turquie puis s'est rendu en Allemagne et en Belgique avant d'arriver quelques mois plus tard au Maroc via les Pays-Bas. Le prévenu sera présenté devant la justice dès la fin de l'enquête, selon le communiqué.

Originaire de Molenbeek

Le quotidien flamand De Standard écrivait lundi soir sur son site internet qu'Attar avait déménagé en 2013 de façon permanente au Maroc et qu'il avait été condamné par contumace en juillet 2015 à Bruxelles à cinq ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste et plusieurs vols.

Abaaoud avait été condamné lors du même procès. Selon un autre journal néerlandophone, Het Nieuwsblad, Gelel Attar est originaire de Molenbeek, la commune bruxelloise d'où étaient également originaires les membres des commandos des attentats de Paris. Il était depuis mars 2014 sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par la Belgique.

Ce n'est pas la première fois que le royaume dispose d'informations relatives à Abaaoud ou à ses proches. Ce sont ainsi les renseignements marocains qui avaient mis les enquêteurs français sur la piste de l'appartement de Saint-Denis, où il se cachait. Et son frère, Yassine Abaaoud, est détenu par les autorités marocaines depuis le mois d'octobre dernier.