Sénégal: le projet de révision de la Constitution fait débat

Le président sénégalais Macky Sall veut notamment réduire son mandat de 7 à 5 ans.
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Au Sénégal, le président Macky Sall avait abordé la question de la révision de la Constitution lors de ses vœux le 31 décembre, notamment sur sa volonté de réduire son mandat en cours de 7 à 5 ans. Ce projet de révision a été diffusé dimanche soir. Droits et devoirs des citoyens, pouvoir de l’Assemblée nationale et donc réduction de la durée du mandat du président. Au total, ce sont 15 mesures qui sont proposées. Et ce projet attise les tensions dans la classe politique.

« Renforcer la démocratie ». Voilà l’objectif affiché par le président Macky Sall à travers ce projet de réformes multiples.

Pour Seydou Gueye, le porte-parole de l’APR, le parti présidentiel, ces différentes propositions de modifications de la Constitution sont une avancée démocratique. « On n’a jamais vu au monde un président accepter de réduire son mandat, souligne-t-il. La démocratie moderne ça se résume aussi par la qualité de la Constitution et celle que le président Macky Sall nous propose est une proposition dans laquelle ce sont les droits des citoyens qui sont renforcés, ce sont les compétences et la crédibilité des autres institutions qui sont élargies et renforcées et donc c’est une rupture fondamentale en terme de modèle démocratique. »

Au sein du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade, le porte-parole Babacar Gaye, estime que Macky Sall aurait dû séparer la durée du mandat des autres propositions de modifications. « Nous ne sommes pas pour le package, explique-t-il. Sur les pouvoirs de l’Assemblée nationale, sur la nomination des sages du Conseil constitutionnel, sur les pouvoirs du Conseil constitutionnel, sur l’élection des députés, je suis persuadé que la classe politique n’accepterait pas que le président fasse un package réduction du mandat et réforme constitutionnelle. »

Le débat est en tout cas sur la table. Macky Sall se serait bien passé de frondeurs au sein de son propre parti. Pour le moment, c’est au Conseil constitutionnel de juger de la légalité de ce projet. En cas d’avis favorable, c’est à travers un référendum que les Sénégalais devront se décider.