Angola: le leader de la secte «Lumière du monde» devant la justice

En Angola, le procès de Julino Kalupeteka, leader de la secte Lumière du monde, s’est ouvert lundi à Huambo.
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En Angola, le procès de Julino Kalupeteka s’est ouvert lundi 18 janvier 2016 à Huambo. Le leader de la secte Lumière du monde est accusé d’homicide après la mort, en avril, de neuf policiers qui tentaient de procéder à son arrestation. Dix autres membres de sa secte chrétienne sont également dans le box des accusés.

Le procès s'est ouvert lundi dans une salle d'audience du tribunal provincial de Huambo, dont les abords avaient été fermés à la circulation. L'accusé est serein face à son procès, selon Me Salvador Freire, président de l'association Mains libres, un collectif de trois avocats de la défense : « Kalupeteka est plein d'espoir et prêt à toute éventualité », a-t-il déclaré à RFI.

L’affaire remonte à la mi-avril, lorsque les forces de l’ordre angolaises tentent d’arrêter Kalupeteka, leader charismatique d’une secte que le gouvernement vient d’interdire, notamment parce qu’elle s’oppose à la vaccination des enfants. Kalupeteka, un chanteur de gospel qui jouit d'une grande popularité en Angola, est alors retranché dans un campement avec des milliers de pèlerins sur le mont Sumi, dans la province de Huambo.

Bain de sang

Lorsque les fidèles s’opposent à son arrestation, l’opération tourne au bain de sang : selon les autorités, neuf policiers et 13 civils, présentés comme des « tireurs embusqués », sont tués. D’autres sources affirment que plusieurs centaines de fidèles tombent ce jour-là sous les balles des policiers. Le principal parti d’opposition, l’Unita, ira jusqu’à parler d’un millier de morts. S’appuyant sur des témoignages de survivants, le journaliste et lanceur d’alertes Rafael Marques de Morais rapportera, en mai, que la police a ouvert le feu sur des femmes et des enfants qui priaient en tentant de fuir.

Lumière du monde, créée il y a 15 ans, lorsque Kalupeteka s’est fait expulser de l’Église adventiste du Septième jour, a souvent annoncé dans ses prêches que la fin du monde était proche. Le gouvernement de Luanda est, lui, déterminé à se débarrasser d’une secte que le président dos Santos considère comme « une menace à la paix et à l’unité nationale ».

Mercredi dernier, un membre de la secte a été condamné à 20 ans de prison pour homicide en relation avec cette affaire, une peine que l'association Mains libres considère comme injuste. Ce collectif de trois avocats cherche notamment des fonds pour mieux assurer la défense de Kalupeteka, condition sine qua non pour que le procès soit, aux yeux de Me Freire, « juste » et « sans interférence politique ».