Burkina Faso: ministres et diplomates évoquent la sécurité

Un gendarme devant le Splendid Hôtel à Ouagadougou, le 16 janvier 2016, au lendemain de l'attaque.
© REUTERS/Joe Penney

Le bilan s’est alourdi au Burkina Faso, après l’attaque de vendredi à Ouagadougou. Il est désormais de 30 tués, puisqu’une photographe franco-marocaine, Leila Alaoui, a succombé à ses blessures. Pour ce qui est de l’enquête, une vingtaine de personnes ont été interpellées ces derniers jours, certaines relâchées, d’autres toujours en garde à vue. La sécurité a été renforcée dans la capitale et plusieurs ministres ont rencontré les diplomates en poste à Ouagadougou ce mardi matin.

Le ministre des Affaires étrangères burkinabè Alpha Barry, avec à ses côtés le ministre de l’Intérieur, celui de la Communication, celui de la Santé, celui des Transports, ont tous ensemble reçu l’intégralité des corps diplomatiques au Burkina Faso, les représentants de l’Union européenne, de la France, du Tchad, des Etats-Unis, ce mardi 19 janvier 2016 à Ouagadougou.

Le but était de revenir sur les évènements du vendredi 15 janvier et sur les dispositions prises par l’Etat burkinabè en réponse à l'attaque. Après une minute de silence en mémoire des victimes, le chef de la diplomatie burkinabè a dressé la liste des personnes décédées par ordre de nationalité.

Selon le détail donné par le ministre des Affaires étrangères, on arrive à 30 morts, dont 21 ressortissants étrangers et neuf Burkinabè. Un décompte difficile, puisque les chiffres varient en fonction des sources. Parmi les victimes, il y a beaucoup de binationaux et les décomptes sont parfois un peu confus. C’est ce qu’a expliqué, en substance, le ministre Alpha Barry à la sortie de cette réunion.

Les investisseurs toujours présents

Le ministre des Affaires étrangères et celui de l’Intérieur, Simon Compaoré, ont insisté sur l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme et d’éventuels futurs projets d’attentat. L’accent a aussi été mis sur la confiance que doivent avoir les partenaires économiques du Burkina Faso, privés ou publics, qui aident au développement de ce pays.

Toutes les mesures nécessaires seront prises pour garantir leur sécurité, ont assuré les ministres. Les investisseurs, apparemment, pour le moment, ne changent pas leur fusil d’épaule. En effet, ce mardi après-midi, une importante délégation d’hommes d’affaires marocains du groupe Addoha était attendue à Ouagadougou. Elle doit étudier des projets d’investissement dans le pays.

La sécurité va être renforcée d’abord par un renforcement sur les lieux publics, notamment à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso mais aussi au niveau des villes moyennes et des 13 chefs-lieux de province. Et il y aura aussi un travail renforcé de renseignement
Jean Lamy
19-01-2016 - Par Frédéric Garat