Premier rendez-vous du dialogue interburundais, sans l'opposition

Les parties en présence sont invités à débattre autour de la question: Pourquoi à chaque fois, les élections sont-elles suivies de violences au Burundi ?
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Au Burundi, pays des Grands Lacs africains qui plonge dans la spirale des violences depuis plus de huit mois, la Commission nationale de dialogue interburundais lance ses travaux ce mardi, quatre mois après sa mise en place. La CNDI va réunir des représentants des partis politiques, des confessions religieuses, de la société civile, des femmes, des jeunes, de l'armée ou encore de la police, en vue de trouver une voie de sortie de crise. Tout cela en l'absence de l'opposition et de la société civile indépendante de ce pays, en exil. Et alors que le médiation ougandaise est en panne.

Le premier rendez-vous devait avoir lieu dès ce mardi matin, à Kirundo, dans le nord-est, l'une des provinces du Burundi les plus touchées par la crise avec des dizaines de milliers de personnes qui ont fui en exil au Rwanda voisin. Selon le président de la Commission nationale du dialogue interburundais, Mgr Justin Nzoyisaba, ce sont plus de 400 personnes qui ont été invitées pour ce premier débat.

Pendant toute la journée, ces différents délégués choisis en collaboration avec l'administration locale vont débattre autour d'une question centrale : « Pourquoi à chaque fois, les élections sont-elles suivies de violences au Burundi ? »

« Mascarade »

Après avoir fait le tour de toutes les provinces et communes du pays, la Commission ira ensuite à la rencontre de la diaspora burundaise, assure son président, alors que l'essentiel de l'opposition et de la société civile, opposé au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, ont fui en exil la sanglante répression des manifestations qui ont suivi l'annonce de sa candidature en avril 2015. Mais ce qui reste de l'opposition interne, l'Uprona de Charles Nditije, et le Frodebu, a déjà annoncé leur refus de participer à ce qu'ils qualifient de « mascarade ».

Enfin, est-ce une simple coïncidence, Bujumbura lance son dialogue interne la veille de la date d'arrivée d'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU au Burundi, qui veut notamment pousser le gouvernement à accepter de participer sans condition, aux pourparlers sous l'égide d'une médiation ougandaise, aujourd'hui en panne.

Quel avenir pour le dialogue burundais?