Côte d’Ivoire: la présidence réagit au mandat contre Guillaume Soro

Le président ivoirien Alassane Ouattara, en 2014.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Le président ivoirien Alassane Ouattara a réagi au lancement, par la justice militaire du Burkina Faso, vendredi dernier, d'un mandat d'arrêt contre le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro. Un mandat d'arrêt international qui a été émis dans le cadre de l'enquête sur le coup d'Etat raté du 17 septembre, et particulièrement sur une écoute téléphonique publiée récemment dans la presse, révélant une conversation compromettante entre deux hommes, que certains identifient comme étant Guillaume Soro et l'ancien ministre des Affaires étrangères burkinabè, Djibril Bassolé.

Ce mardi matin, c'est par un communiqué laconique que la présidence ivoirienne a exprimé sa protestation. Elle « s’étonne d'un mandat d'arrêt émis au mépris des règles et des us et coutumes en la matière ». En Côte d’Ivoire, Guillaume Soro n'est pas n'importe qui. L’ancien Premier ministre, figure majeure de la vie politique ivoirienne depuis plus de dix ans, est actuellement le numéro 2 de l'appareil d'Etat. Un mandat d'arrêt contre lui est donc un geste fort.

Pour autant, la présidence ivoirienne ne rejette pas avec virulence le litige qui l'oppose au Burkina Faso : en conclusion de son communiqué, Alassane Ouattara « réaffirme sa ferme volonté de régler cette question par la voie diplomatique, dans le respect des accords qui nous lient, afin d’éviter tout différend entre nos deux États », laissant donc la porte ouverte à des discussions sur la question.

Le contexte actuel est délicat puisque Alassane Ouattara, un ami actif de l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, s'est efforcé de donner des gages d'amitié et de respect au nouveau président Roch Kaboré, ces dernières semaines. Et puis, c'est aussi dans la foulée de l'attaque terroriste qui a durement frappé Ouagadougou, vendredi soir, que le président ivoirien a dû faire connaître sa position.