France et Gabon tentent de calmer le jeu après la sortie de Valls

Manuel Valls, lors de sa prestation dans l'émission «On n'est pas couché» sur France 2, samedi 16 janvier 2016.
© Youtube / Capture d'écran

L’ambassadeur du Gabon en France devrait rentrer dans les jours qui viennent à Libreville pour consultation, a indiqué le gouvernement gabonais lundi. Libreville marque ainsi son mécontentement après les propos tenus samedi sur la deuxième chaîne de télévision française par le Premier ministre français. Manuel Valls a en effet sous-entendu qu’en 2009, Ali Bongo n’avait pas été élu, du moins « pas comme on l’entend », selon son expression exacte. Mais hier, à Paris comme à Libreville on jouait plutôt l’apaisement.

Du côté du pouvoir gabonais, la petite phrase du Premier ministre français a fait mouche et l’on ne pouvait pas se contenter de traiter l’affaire par le mépris. A huit mois de la présidentielle, il fallait marquer le coup sans jeter non plus de l’huile le feu. D’où cette décision de faire rentrer l’ambassadeur.

A Paris, on joue la carte de l’apaisement. Le ministère des Affaires étrangères réaffirme que la France et le Gabon entretiennent des relations amicales et confiantes. « La France est très attachée à ses relations avec le Gabon sous la conduite du président Bongo, élu en 2009 », a déclaré Romain Nadal, le porte-parole du quai d’Orsay.

« Pour dissiper tout malentendu, notre ambassadeur à Libreville a été reçu par la secrétaire générale du ministère gabonais des Affaires étrangères. Nous souhaitons éviter toute mauvaise interprétation car il n’y avait pas d’intention de blesser », précise le diplomate français. L'ambassadeur du Gabon à Paris a lui été reçu à Matignon.

La tension a du mal à retomber

Mais la petite phrase du Premier ministre français continue d'agiter la classe politique gabonaise. D'un côté, les partisans du président Bongo ont du mal à décolérer.

Nous avons respecté les lois en vigueur de la République gabonaise et nous avons eu plus de 41% donc c’est choquant de voir un Premier ministre, chef du gouvernement de la France, avoir ce genre de propos sans avoir un minimum de retenue.
Guy Christian Mavioga
19-01-2016 - Par Carine Frenk

De l'autre, l'opposition n'en finit pas de se réjouir de cette déclaration. Comme le candidat à la présidentielle, Jean Ping.

L’intervention du Premier ministre Valls réjouit les Gabonais. Il a fini par dire la vérité, ce que beaucoup de gens pensent tout bas : qu’Ali n’a pas gagné les élections de 2009. Qu’il aurait fini au mieux troisième.
Jean Ping
19-01-2016 - Par Carine Frenk

Manuel Valls est censé effectuer une visite dans la capitale gabonaise dans les prochains mois. Une visite à caractère économique. On ne sait pas si cette visite aura lieu.