Gabon: l'opposition divisée sur la candidature de Jean Ping

L'opposant gabonais Jean Ping est l'ancien président de la Commission de l'Union africaine (ici en 2012).
© REUTERS/Noor Khamis

Le Front uni de l'opposition pour l'alternance, la plus importante coalition de l'opposition gabonaise, prévoit d'organiser une grande réunion le 27 janvier prochain. Objectif : se mettre d'accord sur le processus de désignation d'un candidat unique en vue de la présidentielle prévue au second semestre 2016. Vendredi dernier, Jean Ping a pourtant déjà été désigné candidat, mais la procédure de sa désignation est contestée au sein même de la coalition.

« La procédure de désignation n'a pas été respectée. Nous ne pouvons accepter l'imposture ». Le Front uni de l'opposition se divise autour de la désignation de Jean Ping comme candidat unique de la coalition.

Le professeur Pierre André Kombila président en exercice du Front uni pour l'alternance, propose une rencontre de la dernière chance.

« Il y avait 14 membres fondateurs. Dans le groupe qui a désigné Jean Ping, il n’y en avait que quatre. Donc il y a absence de dix membres fondateurs, et qui sont ces dix membres fondateurs ? Ce sont des responsables des grands partis du Front de l’opposition. Ça signifie que c’est un coup de force », dénonce-t-il.

« Nous recherchons l’unité, non seulement du Front uni, mais de l’ensemble de l’opposition. Raison pour laquelle nous convions tout le monde à la réunion du 27 janvier, insiste Pierre André Kombila. Je ne sais pas si nous pouvons demander quelque chose à Jean Ping ? Peut-être sera-t-il candidat indépendant. En tout cas le Front se rassemblera aux primaires et, après les primaires, choisira un candidat unique. »

Pour Jean Ping, ce ne sont que des polémiques stériles. « Nous avons décidé, mes amis et moi, de ne répondre à aucune attaque, assure-t-il. Nous avons procédé selon les règles démocratiques de nos statuts. S’ils veulent en inventer d’autres, laissez-les faire, on verra. Nous avançons, c’est tout. »

La candidature unique, au sein du Front, tout le monde la souhaite, mais peu y croient vraiment.