Guinée-Bissau: nouvelle crise politique au sein du parti au pouvoir

L'Assemblée nationale en Guinée-Bissau.
© AFP/ISSOUF SANOGO

Une crise secoue le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), le parti présidentiel en Guinée-Bissau. La séance à l'Assemblée nationale du lundi 18 janvier 2016 a failli finir en pugilat, alors que 15 députés ont décidé de mener la fronde. Cette nouvelle crise ravive la crainte de voir le pays basculer de nouveau dans l'impasse, avec l'ombre des militaires jamais très loin.

Agressions verbales, moqueries et jeux de casseroles, l’ambiance était digne d’un grand marché africain. Le président de l’Assemblée nationale Cipriano Cassama a donc décidé de suspendre la session et de quitter l’hémicycle. Une action qui n’a pas été au goût de plusieurs parlementaires.

Les 41 députés du Parti de la rénovation sociale, le PRS, la première force politique dans l’opposition, se sont alors joints aux 15 frondeurs du PAIGC au pouvoir, pour constituer une nouvelle majorité et pour suivre le travail. « On va continuer le travail », a expliqué Daniel Souleymane Embalo, membre du groupe parlementaire du PRS. Sans le président ? « Il ne veut pas travailler. Il fait une préparation de coup d’Etat contre les députés. »

Pour sauvegarder sa majorité au Parlement, le PAIGC a exigé et obtenu du bureau de l’Assemblée nationale la levée du mandat des 15 frondeurs et le remplacement par le colistier. Une décision dont se réjouit Kalifa Seydi, leader du groupe parlementaire du PAIGC : « C’est une décision émanant d’un organe compétent de l’Assemblée nationale populaire. Par conséquent, les quinze députés frondeurs ont perdu leur mandat. »

Le Premier ministre Carlos Correia est maintenant sur une corde raide. Il n’a plus droit à l’échec. Selon la Constitution, un deuxième échec est synonyme de dissolution du gouvernement. Et cela, son parti le PAIGC ne veut pas en entendre parler.