Madagascar: une partie de l'aide budgétaire de l'UE gelée

L'UE a décidé de geler une partie de son aide, considérant que le gouvernement du président malgache Hery Rajaonarimampianina (ici en janvier 2014) n'avait pas rempli ses engagements.
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A Madagascar, l'Union européenne n'a pas décaissé la totalité de l'aide prévue pour l'année 2015. 11,5 millions ont été donnés au Trésor public au lieu de 13 millions initialement prévus. Dans un communiqué, l'UE explique que s'il manque 1,5 millions d'euros, c'est parce que les efforts du gouvernement ne sont pas entièrement satisfaisant dans sa lutte contre la pauvreté et la mise en place des institutions. Ce communiqué est publié quelques jours à peine après un discours de l'ambassadeur de l'UE, qui avait critiqué le manque de résultat en ce qui concerne la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.

Pour soutenir Madagascar dans sa sortie de crise, l'Union européenne avait prévu un plan d'aide financière sur deux ans. Les objectifs : aider les secteurs de la santé et de l'éducation, financer de grandes réformes de l'administration et lutter contre la corruption.

65 millions d'euros ont déjà été versés en 2014. La dernière tranche, fin 2015, aurait dû s'élever à 13 millions d'euros. Mais finalement, seuls 11,5 millions ont été décaissés. Soit un manque à gagner d'1,5 million d'euros pour l'Etat malgache.

1,5 millions cela peut paraître dérisoire comparé à tout ce qui a été déjà octroyé mais cela montre que l'Union européenne n'est pas prête à financer aveuglément le régime en place, même si elle le soutient toujours au nom de la stabilité politique.

Dans un communiqué, l'UE explique en effet que si la totalité de l'argent n'a pas été versé, c'est parce que l'Etat malgache n'a pas rempli ses engagements, notamment en ce qui concerne l'accès aux services de santé de base et parce que la Haute cour de justice n'a toujours pas été mise ne place.

Et même si la diplomatie européenne réfute tout message politique, une source reconnait que c'est en quelque sorte une piqûre de rappel aux autorités malgaches : l'aide n'est pas gratuite. Des résultats concrets sont attendus.