Nigeria: les manifestations pour le Biafra se multiplient

Manifestation appelant à la libération de Nnamdi Kanu, en novembre 2015, à Aba, dans le sud-est du Nigeria.
© AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI

Au Nigeria, une manifestation pour l’indépendance du Biafra a été dispersée par l’armée lundi 18 janvier à Aba, dans le sud-est du pays. Selon une source médicale, au moins deux personnes ont été tuées. Les manifestations se multiplient depuis l’arrestation, en octobre, de Nnamdi Kanu, directeur de Radio Biafra, que les autorités accusent de terrorisme.

Lorsque Nnamdi Kanu atterrit à Lagos en octobre après un séjour en Grande-Bretagne, les services de renseignement nigérians lui mettent vite la main au collet. Personnage charismatique mais sulfureux, Kanu est à la tête d’une radio et d’une organisation interdites qui militent pour la création d’une République du Biafra dans le sud-est du Nigeria.

Le souvenir d’une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts à la fin des années 1960 tend à s’estomper, et l’indépendance suscite à nouveau l’espoir dans une région qui se sent mal-aimée du gouvernement fédéral.

Depuis l’arrestation de Kanu, les manifestations de soutien, souvent réprimées par les forces de sécurité, ont eu lieu dans de nombreuses villes du Nigeria. Même si Kanu fait face à de nombreuses accusations, notamment de terrorisme, un tribunal a ordonné sa libération sous caution en décembre.

Les autorités se sont jusqu’à maintenant refusées à libérer un tribun qui, dans ses diatribes, ne cesse de comparer le Nigeria à un « zoo » et qui a déjà demandé à des partisans installés aux États-Unis de financer la lutte armée, du moins si on se fie à une vidéo postée sur Facebook. Le président Buhari a déclaré que Kanu resterait derrière les barreaux en raison des « atrocités » qu’il a commises, sans donner de précisions.