Devant le tribunal de Dakar: «Oumar Sarr est pris en otage»

Le député sénégalais et numéro deux du PDS, Oumar Sarr.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

Le Sénégalais Oumar Sarr reste en prison. Un mois après son arrestation, le coordinateur du Parti démocratique sénégalais a été présenté lundi au juge d’instruction. Ses soutiens s’étaient rassemblés devant le tribunal à Dakar pour réclamer sa libération.

« Oumar Sarr libéré ! Oumar Sarr libéré ! » Femmes en tenue aux couleurs du Parti démocratique sénégalais (PDS), jeunes, vieux, leaders ou anonymes : un véritable fan club s’est présenté au tribunal lundi dès le petit matin pour soutenir Oumar Sarr.

Un mois après son arrestation, le numéro deux du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade, a été présenté en début de semaine au juge d’instruction. Oumar Sarr, qui est également député, a signé fin décembre le premier communiqué du parti suite aux révélations du quotidien français Le Monde dans l’affaire Lamine Diack, sur les prétendus versement d’argent issu de la corruption dans le monde de l’athlétisme à l’opposition politique en 2012. Deux jours plus tard, Oumar Sarr avait été placé sous mandat de dépôt pour faux, usage de faux et diffusion de fausses nouvelles.

Prévue à 9 h, sa première audition a débuté à 13 h. A la sortie après 2h30 d’interrogatoire, c’est l’ancien ministre des Affaires étrangères, l’avocat Madické Niang, qui s’est exprimé : « On s’est rendu compte très vite que les chefs d’accusation qui sont retenus à son endroit sont loin d’être fondés. C’est pourquoi immédiatement nous avons déposé une demande de mise en liberté provisoire. »

Cette demande de libération conditionnelle pourrait prendre du temps. Pour éviter tous débordements, la député Aïda Mbodj a appelé les militants du PDS à quitter le tribunal dans le calme. « Au nom du frère secrétaire général adjoint, notre collègue député Oumar Sarr, qui est pris en otage, nous vous remercions, a-t-elle lancé. On a l’habitude de nous accuser ! Que les militants du PDS sont violents ! Rentrez tranquillement chez vous et soyez en alerte ! Soyez à l’écoute de la direction du parti ! Merci, merci ! » Avec le maintien en détention d’Oumar Sarr, la joute politique entre le PDS et les autorités est loin d’être terminée.